Par porteur
Le 4 avril 2001
L’honorable Lucienne Robillard
Présidente du Conseil du Trésor
L’Esplanade Laurier, 9e étage
140, rue O’Connor
Ottawa (Ontario) K1A 0R5
Madame,
Un article de Kathryn May publié dans le numéro du 31 mars du Ottawa Citizen a causé de graves soucis à l’Alliance de la Fonction publique du Canada. L’article laisse supposer que le comité consultatif sur la pension de la fonction publique, au sein duquel l’AFPC est représentée, participe à des discussions sur la
« réforme » du régime de pension fédéral. Une de ces « réformes » consisterait à relever l’âge de la retraite sans pénalité, de cinquante-cinq ans (et trente années de service) à soixante ans, afin de régler les problèmes de plus en plus nombreux de recrutement et de rétention dans la fonction publique fédérale.
Nos représentants au sein du comité consultatif m’ont affirmé qu’aucune discussion du genre n’a encore eu lieu. Je puis vous assurer que notre position au sujet de telles « réformes » est, à la vérité, très ferme. L’AFPC n’a pas la moindre intention de favoriser l’érosion ou la réduction des droits à pension de
nos membres en vertu de la Loi sur la pension de la fonction publique.
Compte tenu de la nomination d’encore un autre groupe de travail chargé de régler les problèmes de la fonction publique, les propositions soulevées dans l’article du Ottawa Citizen sont presque le comble. Je voudrais vous rappeler que nos membres ont été l’objet de gels des salaires et des augmentations d’échelon, qu’ils ont
engagé une longue bataille pour obtenir le droit humain fondamental à l’équité salariale, qu’ils ont été subordonnés à une loi automatique visant à mettre fin à des grèves légales, et qu’ils ont été victimes du détournement d’un surplus de 30 milliards de dollars de la caisse de retraite qu’ils avaient aidé à constituer. Ils font présentement face
aux réponses évasives et au mépris habituels du Conseil du Trésor à la table de négociation. On propose à présent de tenir nos membres économiquement en otage pendant cinq autres années pour permettre au gouvernement de se sortir de ses difficultés sur le plan du recrutement et de la rétention. Madame la ministre, trop c’est trop.
Si vous voulez vraiment régler ces problèmes au niveau de la dotation et faire de la fonction publique l’ « employeur de choix », vous voudrez peut-être songer à une méthode plus positive. Le fait de traiter nos membres avec respect, à la table de négociation et ailleurs, pourrait contribuer puissamment à rendre la
fonction publique plus attrayante comme lieu de travail. Il serait utile de nous faire participer à des projets communs pour bâtir la fonction publique de l’avenir. Il serait avantageux, également, de nous inclure dans une gestion conjointe de la caisse de retraite afin que nous puissions collaborer à l’amélioration de dispositions comme les prestations au survivant et
la retraite anticipée.
J’insiste pour dire que toute tentative pour contraindre économiquement nos membres à demeurer dans la fonction publique fédérale risque de provoquer une énorme réaction. Nous allons nous opposer à toutes les propositions et à toutes les mesures visant à réduire davantage les droits à pension de nos membres.
Permettez-moi de répéter que l’approche de votre gouvernement, en ce qui touche la réforme de la pension et la réforme de la fonction publique, est erronée, pour ne pas dire butée. Si c’est notre coopération que vous sollicitez pour régler les problèmes structurels graves et les autres problèmes au sein de la fonction publique, je
vous exhorte alors à nous inclure dans le processus depuis le début et à nous traiter avec respect. Notre expérience et notre expertise dans ce domaine sont considérables; j’entends, par « notre », nos chefs de file, nos membres de la base et les membres de notre personnel.
Agréez, Madame la ministre, l’expression de mes sentiments les meilleurs.
La présidente nationale,
Nycole Turmel
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