Par porteur
Par télécopieur - 990-2806
Le 23 août 1999
- LHonorable Lucienne Robillard
- Présidente du Conseil du Trésor
- LEsplanade Laurier, 9e étage
- 140, rue OConnor
- Ottawa (Ontario)
- K1A 0R5
Madame la ministre,
Votre lettre du 20 août 1999 concernant la réforme de la pension de la fonction
publique laissera complètement perplexes bon nombre dadhérentes et
dadhérents au régime.
Si, comme vous et votre prédécesseur lavez dit, « la gestion conjointe et
le partage des risques constituent la structure dautorité éventuelle la plus
souhaitable pour les pensions de la fonction publique », pourquoi navez-vous
pas rédigé le projet de loi C-78 de façon à refléter votre position ? Et
pourquoi namendez-vous pas maintenant le projet de loi en vous inspirant de
lentente intervenue au sein du comité consultatif ?
Affirmer aussi tardivement « que le projet de loi C-78 doit aller de lavant
dans sa forme actuelle si lon veut que les discussions concernant une structure de
gestion conjointe aboutissent éventuellement » est à tout le moins trompeur. Une
entente étant déjà intervenue concernant un cadre de gestion conjointe, plus
particulièrement en ce qui concerne la composition, le mandat et le processus, il ne
reste quà couler cette entente dans un texte législatif. En outre, et cela est
peut-être plus important, si le projet de loi C-78 est adopté, et ce, sans amendement,
les pourparlers qui sensuivront se dérouleront dans un climat où lOffice
dinvestissement des régimes de pension du secteur public (mal défini, constitué
en vertu du projet de loi C-78 et dont le fonctionnement est régi par ce texte
législatif) aura eu loccasion de causer dimportants dégâts au régime de
pension et de miner toute chance de conclure une entente éventuelle sur la question de la
gestion conjointe et du partage des risques.
Bref, ladoption du projet de loi C-78 dans sa forme actuelle constitue un mauvais
remède. Cest une solution qui pourrait bien miner toute chance de mettre en place
une nouvelle structure de gestion qui réponde aux besoins du gouvernement et des
adhérentes et adhérents au régime. Je suis sûr que les conseils de vos hauts
fonctionnaires ne vont pas en ce sens mais, en tant que ministre, vous avez sûrement
lobligation dobtenir des points de vue venant dautres sources que de
lappareil administratif sur des questions aussi importantes et litigieuses que
celles que renferme le projet de loi C-78.
Dans les lettres que je vous ai adressées à vous et à votre prédécesseur les 3
août et 30 juillet respectivement, jai demandé la tenue dune rencontre sur
la question de la pension « sans condition préalable et à laquelle toutes les
parties devraient être libres de mettre de lavant nimporte quelle question
abordée dans le rapport du comité sénatorial déposé aux fins de discussion et, nous
lespérons, résolution ».
Il semble ressortir de la lettre que vous mavez fait parvenir le 20 août 1999,
que vous nêtes pas disposée à me rencontrer avant que le projet de loi C-78 ait
reçu la sanction royale. Comme le personnel de votre bureau a déjà communiqué avec mon
personnel concernant la tenue dune rencontre le 1er septembre 1999, je
suppose que si vous ne proposez pas une date de rencontre précise avant la reprise des
travaux du Sénat le 7 septembre 1999, ce nest pas parce que vous nêtes pas
disponible mais parce que vous voulez que la question du surplus soit réglée par
ladoption du projet de loi C-78.
Jai toujours soutenu que même si le gouvernement a le pouvoir dimposer sa
position par voie législative, il doit user de ce pouvoir judicieusement et avec
discrétion, et favoriser plutôt la consultation, la négociation et la médiation de
bonne foi. Faire fi, comme vous le faite, de cette tradition et de ce principe de bon
gouvernement constitue selon moi une atteinte à la notion de bon gouvernement au mieux,
et de démocratie au pire.
Jespère que les membres du Comité sénatorial des banques et du commerce
tiendront un discours commun lorsque vous comparaîtrez devant eux ce soir et quils
vous recommanderont fortement de nous rencontrer avant que le Sénat reprenne ses travaux
le 7 septembre. Jespère aussi quils se joindront à moi pour vous recommander
que les pourparlers se déroulent sans condition préalable et que toutes les questions
abordées dans le rapport du comité sénatorial soient déposées aux fins de discussion
et de résolution. Je constate que le temps se fait de plus en plus court, mais le Sénat
poursuivra ses travaux pendant quelque temps après le 7 septembre et avant la reprise des
travaux à la Chambre des communes le 22 septembre.
Si vous croyez vraiment en une réforme de la pension qui profite à toutes les
parties, vous avez le pouvoir de faire en sorte que cela se réalise. Le refus de tenir
une rencontre, de bonne foi, constitue à mon avis un abus de pouvoir.
Veuillez agréer, Madame la ministre, mes salutations distinguées.
Le président national,
Daryl T. Bean
- c.c. Sénateur Michael Kirby
- Sénateur David Tkachuk
- Syndicats siégeant au CNM
233 Gilmour, Ottawa, ON K2P OP1
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