Document de discussion de l’AFPC : Droits
de la personne et services
Introduction
Il existe un vaste consensus au
sein de divers milieux, groupes, régions et organismes selon lequel les droits
et libertés de la personne constituent un aspect fondamental de la société
canadienne.
Ce consensus a modelé les
engagements internationaux du Canada ainsi que ses politiques et programmes
nationaux qui sont désignés à garantir les libertés et les droits
fondamentaux.
À l’échelle internationale,
l’engagement du Canada se manifeste, à titre d’exemple, par l’adoption d’instruments
internationaux comme les déclarations des Nations Unies ou les conventions de l’Organisation
du travail. Les programmes internationaux, l’aide gouvernementale et l’aide
accordée par l’intermédiaire d’organismes gouvernementaux comme l’ACDI
constituent des outils qui découlent de la politique étrangère du Canada. Les
débats portant sur les accords commerciaux laissent certainement entrevoir une
disjonction entre la façon dont le gouvernement actuel perçoit son rôle sur
le plan international et le consensus croissant selon lequel les droits de la
personne et les services seront sacrifiés aux dépens des intérêts des
entreprises.
À l’échelle nationale, l’engagement
de notre pays à l’égard des droits et libertés de la personne a donné lieu
à divers programmes, services et politiques destinés soit à surmonter les
désavantages soit à promouvoir ces droits. Le Régime de pensions du Canada,
la politique sur les langues officielles, la Charte des droits et libertés, les
programme de remplacement du revenu, la loi et les politiques relatives au
multiculturalisme, les lois et les organismes de protection des droits de la
personne ainsi que les normes d’accessibilité constituent des outils qui
permettent d’atteindre ces vastes objectifs. Historiquement, ces services,
géographiquement accessibles et sans but lucratif, ont été fournis par les
travailleurs et travailleuses du secteur public.
Pourquoi est-ce important pour
les membres de l’AFPC?
C’est important pour les
raisons suivantes :
-
Les membres de l’AFPC élaborent/fournissent/surveillent
la plupart de ces services et droits de la personne.
-
Les membres de l’AFPC sont également des
bénéficiaires de ces services et droits de la personne.
-
L’AFPC travaille de concert avec d’autres
afin de tenir le gouvernement et les employeurs responsables de ces droits
et services.
L’AFPC s’efforce de
garantir la qualité de ces droits de la personne en utilisant son rôle de
négociation et de représentation dans différents forums. À la table de
négociation, nous nous efforçons d’accroître la formation, les ressources
et de combattre les mises en disponibilité ou les pertes d’emploi pour les
travailleurs et travailleuse du secteur public. Nous négocions des mesures
destinées à surmonter la discrimination systémique de façon à ce que le
secteur public représente adéquatement la population qu’il doit servir.
Nous nous tournons
régulièrement vers les législateurs, les cours et les tribunaux au moment de
la rédaction ou de la révision des lois ou lorsque les droits ont été
violés.
À titre d’utilisateurs de
ces services, nous nous joignons à ceux qui bénéficient des outils et des
services qui soutiennent les droits de la personne. Ceux-ci comprennent les
prestations d’assurance-emploi, dont les prestations de maternité et de soins
médicaux, les campagnes d’éducation et de communications qui reconnaissent
et empreignent les droits fondamentaux de la personne, les programmes d’établissement
des réfugiés, les systèmes de rémunération non sexistes dans les secteurs
sous réglementation fédérale, la reconnaissance de notre tradition et
héritage culturels dans nos parcs nationaux et musées, les mécanismes pour
traiter les violation de droits, la protection contre les crimes haineux, les
normes d’accessibilité dans le secteur des transports, les normes régissant
l’industrie de la radiodiffusion et des communications, le système judiciaire
et le système de perception fiscale qui financent ces services publics.
À titre d’alliés du
mouvement de justice sociale, nous jouons un rôle important dans l’élaboration
et le soutien des stratégies, actions et campagnes qui visent à accroître ou
à protéger les droits de la personne. Nos efforts au sein du mouvement de
justice sociale font en sorte qu’un réseau de plus en plus important de
militant-e-s compétents œuvrant à une multitude de paliers politiques et
communautaires fait progresser un vaste programme des droits de la personne.
Que manque-t-il?
Le mouvement vers la
privatisation des services publics et le programme néolibéral ont mené à des
tentatives de modeler les services publics sur les services « à but
lucratif ». Cela conduit à l’universalisation des services critiques à
un moment où on en a grandement besoin. Il en a également résulté des
programmes et services incomplets destinés à promouvoir et à protéger les
droits. Un objectif « à but lucratif » limitera efficacement les
possibilités de créer des programmes et des services destinés à répondre
aux nouvelles préoccupations relatives aux droits de la personne.
La libéralisation du commerce
et les accords internationaux sur le commerce et les services
provoqueront une plus grande érosion de ces droits, attendu que les sociétés
internationales considéreront vraisemblablement nos services et programmes
publics comme des obstacles au commerce.
La discrimination systémique
dans les services publics n’est pas encore contrôlée. Plus particulièrement,
les membres des minorités visibles et les personnes handicapées sont encore
sous-représentés dans la fonction publique fédérale tandis que les femmes et
les Autochtones demeurent confinés dans certains groupes professionnels.
L’imputabilité nationale du
Canada au regard de son rôle sur le plan international est faible. La
participation du Canada aux conférences internationales sur les droits de la
personne parrainées par les Nations Unies doit inclure les consultations
publiques afin d’établir la position du Canada, une délégation appropriée
de la société civile (incluant les syndicats) et un processus national formel
destiné à mettre en œuvre et surveiller les engagements du Canada.
Le « nouveau »
programme social dont nous avons absolument besoin demeure le programme national
de garderies. Même si les gouvernements se sont entendus sur sa nécessité, il
n’y a eu, à ce jour, que peu ou pas d’action de la part du gouvernement.
Nous avons besoin d’un plus
grand nombre de programmes d’éducation en milieu de travail et de programmes
de sensibilisation du public pour promouvoir les droits de la personne.
Les gouvernements doivent
prendre responsabilité pour les stratégies et les ressources qui permettront d’éliminer
la violence faite aux femmes, y compris des stratégies qui fournissent un appui
approprié du point de vue services et une protection légale accessible et sans
préjugés, pour venir en aide aux victimes de la violence faite aux femmes.
Les institutions publiques qui
jouent un rôle sur les plans de l’éducation et de la protection des droits
de la personne, comme les commissions des droits de la personne, doivent être
convenablement financées.
Nous devons nous assurer que
les droits de même sexe soient incorporés et protégés dans les textes de
lois qui traitent des questions de la situation de famille.
Le gouvernement fédéral doit
élaborer une stratégie nationale destinée à :
-
éliminer les obstacles et le manque d’accessibilité
qui nuisent à la pleine participation et à la représentation des
personnes handicapées;
-
soutenir l’autogouvernement autochtone
et les programmes de lutte contre la pauvreté et ses effets au sein de
cette collectivité;
-
combattre le racisme. Cette stratégie
doit inclure un plan d’action et offrir des mécanismes de
responsabilisation efficaces.
Il faut accroître le rôle du
gouvernement fédéral sur le plan de l’établissement des normes minimales en
santé et en éducation et fournir le financement approprié pour soutenir la
prestation de ces programmes.
Ce que nous avons fait à ce
jour
Les membres de l’AFPC ont
adopté d’importantes déclarations de principes liées aux droits de la
personne et des plans d’action pour promouvoir les questions relatives aux
personnes handicapées et aux travailleurs et travailleuses autochtones. En
outre, les politiques de l’AFPC en matière d’orientation sexuelle et de
lutte contre le racisme définissent clairement notre travail dans ces secteurs.
Bon nombre de membres de l’AFPC
sont activement engagés dans un travail de représentation et d’éducation en
matière de droits de la personne. Nombreux sont ceux également qui œuvrent
activement pour faire en sorte que les exigences de la Loi sur l’équité
en matière d’emploi soient appliquées dans leur lieu de travail.
Par le biais de la négociation
collective, nous nous efforçons d’éliminer les obstacles dans les conditions
de travail de nos membres. De plus, nous tentons de négocier des mesures
destinées à surmonter les injustices historiques.
Les divers comités et
conférences de l’AFPC constituent d’importantes tribunes qui nous
permettent de poursuivre notre travail dans le domaine des droits de la personne.
Il s’agit du Comité des chances égales de l’AFPC, des comités régionaux
sur l’équité, de la représentation des groupes d’équité aux conseils
régionaux de l’AFPC, des conférences Unité et Accès et la Conférence des
femmes.
À titre d’alliés au sein du
mouvement de justice sociale, nous jouons un rôle actif au sein des coalitions
qui s’efforcent de promouvoir les droits fondamentaux de la personne. Nous
participons activement aux discussions entourant la Loi sur l’équité en
matière d’emploi fédérale ainsi que la Loi canadienne sur les droits
de la personne. Par notre leadership et nos aptitudes en matière d’équité
salariale, nous avons collaboré aux campagnes destinées à améliorer les
droits économiques des femmes et à l’organisation de la Marche mondiale des
femmes. Nous continuons à participer au travail entrepris par le Congrès du
travail du Canada pour combattre le racisme.
Nos objectifs
Utiliser nos rôles sur le plan
de la représentation, de la négociation et de la collectivité pour promouvoir
le programme des droits de la personne.
Mobiliser les membres autour
des questions d’équité et de droits de la personne.
Veiller à ce que les services
de la fonction publique qui favorisent et protègent les droits de la personne
soient convenablement financés et dotés de ressources suffisantes.
Collaborer, à l’échelle
locale, régionale et nationale, avec nos partenaires de la coalition et de la
justice sociale pour la défense des droits et des libertés de la personne.
Questions de discussion
Lorsque vous pensez aux droits
de la personne et aux services, quels aspects vous préoccupent le plus?
Pourquoi?
À titre de fournisseur de ces
services, quels aspects vous préoccupent le plus? Pourquoi?
À titre de bénéficiaire de
ces services, quels aspects vous préoccupent le plus? Pourquoi?
Existe-t-il d’autres droits
et services que nous devrions tenter d’obtenir? Si oui, quel désavantage
chercheraient-ils à surmonter ou quel droit s’efforceraient-ils de promouvoir?
Quelles mesures pouvons-nous
adopter, individuellement et collectivement, à l’échelle locale, régionale,
nationale et internationale pour protéger et promouvoir les droits fondamentaux
de la personne?
Quelles actions syndicales
avez-vous entreprises dans votre région, Élément et collectivité pour
protéger et promouvoir les droits de la personne?
Quels aspects de la promotion
et de la protection des droits devraient être intégrés au programme de l’AFPC
et abordés par les délégué-e-s au Congrès triennal 2003?
Quelles actions ou stratégies
particulières devraient être incorporées dans un plan d’action des droits
de la personne de l’AFPC en plus des mesures ou des stratégies figurant dans
les déclarations de principes actuelles de l’AFPC concernant les droits de la
personne?
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