Document de discussion de l’AFPC : Sécurité
au sein du gouvernement
Introduction
Bon nombre de membres de l’AFPC
sont employés par le gouvernement dans des secteurs qui font partie de l’infrastructure
de sécurité de notre société. Les membres de l’UEDN employés par la
Défense nationale et le Centre de la sécurité des télécommunications, les
membres du CEUDA employés à titre d’agent-e-s des Douanes, les membres du
ministère de l’Environnement et de l’UCET employés par la Garde côtière
et les membres du SESG employés par les Services correctionnels et la GRC
satisfont manifestement à la définition de travailleurs et travailleuses
embauchés dans des fonctions de sécurité. D’autres, notamment les membres
du SEIC travaillant comme agent-e-s d’Immigration, les membres de l’Élément
national qui travaillent dans les parcs, les commissionnaires ainsi que bon
nombre d’autres s’inscrivent dans cette définition.
L’orientation de la politique
publique canadienne a effectué un virage spectaculaire immédiatement après le
11 septembre 2001. Depuis cette date, le débat sur le rôle du
gouvernement a porté plus sur la sécurité que sur les autres fonctions
gouvernementales. De fait, dans la mesure où les autres questions sont
abordées, elles sont de plus en plus liées à la sécurité. Les discussions
qui ont abouti au budget de 2001 concernaient surtout la façon dont nous, à
titre de société, devons payer pour une sécurité accrue. De plus, le
Parlement a été éclipsé dans la législation portant en grande mesure sur la
création d’un nouvel environnement de sécurité.
Lorsque nous examinons la
question de la sécurité, nous avons tendance à nous concentrer sur les
aspects liés aux services policiers et à l’application des lois et à
escamoter les autres questions tout aussi importantes. À ce jour, nous avons
relevé un certain nombre de questions que l’AFPC doit aborder dans le
contexte de notre sécurité au sein du gouvernement; elles peuvent être
groupées sous les services de sécurité ainsi que sous la sécurité
économique et la protection des droits de la personne.
Services de sécurité
- Sécurité des frontières (CEUDA);
- Protection des travailleurs et travailleuses
du gouvernement;
- Affaires étrangères (Élément national);
- Protection de nos voies maritimes et
aériennes (UCET/Environnement/UEDN);
- Protection des édifices et infrastructures du
gouvernement (SESG/GSU/UEDN);
- Protection de la distribution du courrier (SEPC);
- Sécurité des aéroports et des transporteurs
aériens (UCET);
- Services policiers et de renseignements (SESG/UEDN);
- Parcs (Élément national).
Sécurité économique et protection des droits
de la personne
Protection des droits de la personne;
Protection de la santé des Canadiens et
Canadiennes (SSNBES);
Soutien du revenu (SSNBES/SEIC);
Questions relatives à l’immigration et aux
réfugiés (SEIC);
Dépenses gouvernementales;
Affaires étrangères (Élément national).
Il existe manifestement bon
nombre de façons d’aborder chacune de ces questions distinctes mais connexes.
La sécurité des aéroports et des transporteurs aériens peut relever de l’État
(comme elle le sera en vertu de la loi américaine adoptée en novembre 2001) ou
des compagnies aériennes comme c’est actuellement le cas au Canada. De plus,
il est possible de mettre en œuvre cette sécurité d’une façon qui cible
certains segments de la population (profil racial) ou elle peut être
généralisée – apparier tous les bagages aux passagers, vérifier les
bagages enregistrés et ainsi de suite. Il se peut fort bien que d’importants
services comme les garderies, le soins de santé et l’adaptation de la main-d’œuvre
se verront accorder une importance réduite afin de faciliter l’augmentation
des dépenses consacrées aux services de sécurité.
Bien qu’il soit possible que
l’AFPC récupère certains des membres qu’elle a perdus dans le cadre du
programme de réduction des effectifs (55 000 années-personnes) du
milieu des années 90 et qu’elle gagne des membres dans d’autres secteurs en
conséquence de l’engagement accru du gouvernement à l’égard de la
sécurité, il y a de fortes chances que l’emploi et les ressources dans les
autres secteurs du gouvernement subissent des compressions pour permettre au
gouvernement de payer les coûts accrus de sécurité et compenser les pertes de
revenus résultant de l’effondrement économique du 11 septembre.
Les choix que le gouvernement
fait au regard des questions de sécurité depuis le 11 septembre auront un
impact profond sur l’AFPC et sur nos membres. Tout semble indiquer que, dans
bon nombre de cas, le gouvernement soit prédisposé à faire le mauvais choix
selon la perspective de l’AFPC.
En dépit de la mise en garde
sur l’intolérance raciale adressée aux Canadiens et Canadiennes
immédiatement après le 11 septembre 2001, la réaction la plus importante
du gouvernement, à ce jour, a été l’introduction du projet de loi C-36 qui
constitue, sans aucun doute, la répudiation la plus éhontée de la Charte des
droits que nous ayons connue depuis sa conception. Manifestement ciblée vers
les « activités terroristes », la Loi produira inévitablement un
effet de refroidissement sur les syndicats et sur les travailleurs et
travailleuses qui exercent leur droit de grève, limitera l’accès à l’information
et le droit à la vie privée et exposera certaines personnes au risque d’être
incarcérées.
Un deuxième projet de loi
omnibus, la Loi sur la sécurité publique (projet de loi C-42) est
également extrêmement problématique sur le plan de la liberté d’association
et de réunion. Il permet au ministre de la Défense nationale de désigner zone
de sécurité militaire un territoire, un plan d’eau ou un espace aérien avec
la possibilité de suspendre davantage toutes les activités de protestation et
de grève.
Mesures prises par l’AFPC à ce jour
Le 11 septembre 2001, l’AFPC
a suspendu ses activités de grève en raison des mesures de sécurité accrues
prévues au Canada et parce que bon nombre de membres de l’AFPC ont dû
apporter leur concous au lendemain de la crise.
Nous avons également adopté
une position ferme contre le racisme dans nos communications avec nos membres et
notre personnel ainsi que dans un mémoire au Comité permanent de la Chambre
sur la justice et les droits de la personne.
Dans ce mémoire, l’AFPC a
fait valoir que le projet de loi n’a pas réussi à concilier la sécurité et
les droits de la personne. Nous avons abordé les trois préoccupations
particulières suivantes :
- la définition de l’activité de
terrorisme, soit un acte commis en totalité ou en partie pour une fin, un
objectif ou une cause de nature politique, religieuse ou idéologique,
pourrait fort bien englober l’activité de grève, la dissidence et l’agitation
politique;
- les dispositions qui permettent à un
ministre de passer outre à la Loi sur l’accès à l’information et
à Loi sur la protection des renseignements personnels;
- les dispositions qui permettent au
gouvernement de ne pas tenir compte des droits individuels en plaçant sous
écoute les conversations verbales et électroniques entre les Canadiens et
Canadiennes et d’autres personnes et d’effectuer des arrestations et des
enquêtes de nature préventive.
Dans des mémoires et des
exposés distincts au gouvernement, les Éléments de l’AFPC ont abordé des
questions comme la sécurité des aéroports et des lignes aériennes, les
douanes et l’immigration. En outre, les Éléments de l’AFPC ont collaboré
activement à l’échelle ministérielle pour veiller à ce que la santé et la
sécurité des membres de l’AFPC constituent une part importante de la
réponse gouvernementale destinée à accroître la sécurité depuis le
11 septembre.
Bien que nous ayons une
position bien élaborée sur bon nombre des questions précises concernant les
services de sécurité traditionnels ainsi que la sécurité économique et la
protection des droits de la personne, nous devons intégrer davantage ces
positions et les lier au contexte actuel de façon à ne pas discuter de la
sécurité accrue des aéroports et des lignes aériennes sans aborder les
questions des droits de la personne. Pour garantir ce résultat, pour favoriser
notre sécurité dans notre travail au sein du gouvernement et faire en sorte d’aborder
toutes les questions et pas simplement les services de sécurité traditionnels,
l’AFPC a regroupé la question de la sécurité au gouvernement et l’a
confiée à deux dirigeant-e-s élus.
Nos objectifs
À titre de syndicat engagé
envers les droits de la personne et la justice sociale et représentant un
nombre considérable de membres qui participent à l’élaboration et à la
mise en œuvre d’une gamme de services de sécurité, notre premier objectif
consiste à faire en sorte que le gouvernement établisse un équilibre
approprié entre la protection des Canadiens et Canadiennes et les droits de la
personne. Cet objectif comprend, notamment :
- veiller à ce que nos membres puissent
travailler dans un milieu sécuritaire;
- protéger la santé et la sécurité au
travail et offrir de la formation;
- favoriser des lieux de travail libres de
racisme;
- veiller à ce que les services de
sécurité soient offerts par les travailleurs et travailleuses du secteur
public et qu’ils ne soient pas privatisés ou sous-traités;
- veiller à ce que les services de
sécurité et les programmes qui favorisent la sécurité économique et
la protection des droits de la personne soient convenablement dotés et
financés;
- sensibiliser nos membres aux questions d’équité
et de santé et sécurité au travail à la lumière de la priorité
accrue accordée en matière de sécurité.
Questions de discussion
L’AFPC a entrepris un
processus destiné à articuler son prochain congrès autour des questions
politiques qui constituent une priorité pour le syndicat et ses membres. Le
Conseil national d’administration a défini la sécurité comme l’une des
questions devant figurer à l’ordre du jour.
- Lorsque vous pensez à la sécurité,
quels aspects vous préoccupent le plus?
- Votre perception de la sécurité a-t-elle
changé depuis le 11 septembre 2001?
- Que signifie pour vous la sécurité à
titre de travailleur ou travailleuse? À titre de membre d’une
collectivité? À titre de membre d’un syndicat? À titre de Canadien ou
Canadienne?
- Quelles sont quelques-unes de nos lacunes
dans nos connaissances au sujet de l’impact pour les membres de notre
syndicat de l’augmentation de la priorité gouvernementale à l’égard
de la sécurité? De quels outils d’éducation et de mobilisation
avons-nous besoin?
- Avez-vous participé de quelque façon à
un débat sur la sécurité? Avec qui, quel organisme? Qu’avez-vous
appris? Quelles mesures avez-vous prises?
- Quelles mesures pouvons-nous prendre,
individuellement et collectivement, à l’échelle locale, régionale,
nationale et internationale pour veiller à ce que les personnes soient
libres de tout harcèlement dans leur lieu de travail, dans leur
collectivité et dans leur pays?
- Comment établiriez-vous un équilibre
entre le besoin de sécurité et le droit à la dissidence, à la grève
et à la contestation?
- Pourquoi la sécurité et la protection
des droits de la personne devraient-elles faire partie du programme de l’AFPC
et être abordées par les délégué-e-s du Congrès triennal 2003? Sur
quels aspects de la sécurité et les droits de la personne devrions-nous
nous concentrer? Quelle forme pourrait prendre le plan d’action de l’AFPC
sur la sécurité et les droits de la personne? Quelles stratégies
devrions-nous adopter?
Documents
de discussion de l’AFPC
| Retour
|