Lettre ouverte à Reg Alcock
Le 12 décembre 2003
L'honorable Reg Alcock
Président du Conseil du Trésor
L'Esplanade Laurier, 9e étage
140, rue O'Connor
Ottawa ( Ontario ) K1A 0R5
Monsieur le ministre,
Je tiens d'abord à vous féliciter pour votre nomination
à la présidence du Conseil du Trésor. Les membres
de l'AFPC, employés de la fonction publique fédérale,
ont l'intention de collaborer avec vous pour faire en sorte que
le gouvernement puisse offrir une gamme complète de services
à la population canadienne.
L'AFPC et ses membres employés de l'État ont été
surpris d'apprendre que le gouvernement a décidé de
répartir ses responsabilités en matière de
gestion entre trois ministères et agences, sous la direction
de trois ministres distincts. Même si nous ne comprenons pas
encore le raisonnement qui sous-tend cette décision, nous
devrons nous pencher sur les questions se rattachant à l'examen
des programmes et à la responsabilité financière
au sein du secteur public fédéral. Nous devrons aussi
aborder avec vous, sans délai, le transfert des responsabilités
en matière de négociation collective et de modernisation
des services publics au ministère des Travaux publics et
des Services gouvernementaux et au Conseil privé.
L'examen des programmes préoccupe grandement nos membres
qui s'inquiètent de l'importance que votre gouvernement attache
à un processus qui a déjà échoué.
Nous craignons les répercussions possibles de cet examen
sur les travailleurs et les travailleuses de la fonction publique
fédérale et sur la prestation de services à
l'ensemble de la population canadienne.
D'ailleurs, dans ma lettre du 3 décembre dernier, je déclarais
ce qui suit à Paul Martin, assermenté aujourd'hui
comme premier ministre :
« Selon les propos que vous avez tenus devant le
Bureau du commerce de Montréal, l'examen des programmes,
tel que décrit dans le budget fédéral 2003,
deviendra un exercice permanent dans le cycle de planification du
gouvernement. Plusieurs membres de l'AFPC qui ont communiqué
avec moi au cours des dernières semaines ont peur que votre
gouvernement ne soit sur le point de répéter les erreurs
des années 1990, et je partage leur préoccupation.
Nos membres s'inquiètent du fait que l'« examen
des programmes » annoncé dans le budget 2003 énonçait
un objectif financier spécifique – 1 milliard de dollars
par année – peu importe ses incidences sur la prestation
des services. En fait, si l'on en juge par ce qu'on a connu au milieu
des années 1990 et par ce qu'on anticipe cette année,
l'« examen des programmes » est un terme qui
ne convient guère à cet exercice. Par le passé,
le ministre des Finances ou le président du Conseil du Trésor
avait annoncé une réduction des dépenses d'un
montant spécifique et avait ordonné aux ministères
et organismes de faire leur part en ce sens. La partie « examen »
du processus a été somme toute oubliée.
Voilà pourquoi nos membres craignent que l'examen des programmes
perturbera à nouveau les services offerts au public et la
vie de milliers de travailleuses et de travailleurs fédéraux. »
Au nom de l'AFPC, je voudrais par conséquent vous rencontrer
au plus tôt pour discuter du transfert des responsabilités
du Conseil du Trésor au ministère des Travaux publics
et des Services gouvernementaux et au Conseil privé. Également,
dans le cadre de vos fonctions à titre de président
du Conseil du Trésor chargé de l'examen des programmes
et de la responsabilité financière, et de président
du Comité d'examen des dépenses du Cabinet, je vous
prie instamment de mettre en branle un processus de consultation
approfondie auprès de l'AFPC avant l'élaboration du
budget fédéral et du Budget principal des dépenses
de 2004.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le ministre, l'expression
de mes sentiments distingués.
La présidente nationale,
Nycole Turmel
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