Contribution-santé
de l'Ontario
Il y a bien des choses qui clochent
au sujet de la Contribution-santé de l'Ontario. Dans
sa lettre du 12 juillet 2004 au premier ministre de l'Ontario,
Dalton McGuinty, Nycole Turmel signale cinq raisons pour lesquelles
le gouvernement devrait retirer la taxe et s'assurer que le financement
des soins de santé ne comporte pas de mesures régressives
et discriminatoires.
Voici certaines lacunes de
la Contribution-santé de l'Ontario :
- À l'instar de la prime d'assurance-maladie que l'Ontario
a abandonnée à la fin des années 1980, la
Contribution-santé deviendra une taxe à la charge
des pauvres.
- Comme la Contribution-santé sera perçue à
la source, les personnes qui travaillent en Ontario et vivent
dans une autre province devront payer la taxe et demander un remboursement
au moment de remplir leur déclaration de revenus.
- C'est le troisième impôt que l'Ontario réserve
en tout ou en partie au financement des soins de santé.
- Dans certains cas, le gouvernement percevra un montant supérieur
à la Contribution-santé qui devrait s'appliquer.
Que faire à ce sujet ?
Le gouvernement de l'Ontario a déjà
commencé à percevoir la Contribution-santé,
mais la loi n'a pas encore été adoptée. Si
vous habitez en Ontario, assurez-vous de faire savoir à votre
député-e provincial, au premier ministre McGuinty
et au ministre des Finances, Gregory Sorbara, ce que vous pensez
de cette taxe. Pour obtenir l'adresse, les numéros de téléphone
et de télécopie, ainsi que l'adresse de courriel de
votre député-e provincial, cliquez sur le lien suivant
et entrez votre code postal.
http://www.electionsontario.on.ca/fyed/fr/form_page_fr.jsp
Les résidents du Québec
devraient faire savoir ce qu'ils pensent à leur premier ministre,
Jean Charest, et s'assurer d'envoyer une copie de leur lettre au
premier ministre McGuinty. On peut joindre le premier ministre Charest
à l'adresse suivante :
http://www.premier.gouv.qc.ca/general/exprimez_vous/formulaire.htm
Le 12 juillet 2004
Par la poste et par
courriel dalton.McGuinty@premier.gov.on.ca
Monsieur le Premier ministre
Dalton McGuinty
Cabinet du Premier ministre
Édifice de l'Assemblée
législative, Queen's Park
Toronto ON
M7A 1A1
Monsieur le Premier ministre,
Je vous écris au sujet
du projet de loi déposé par votre gouvernement (projet
de loi 106 2004, Loi mettant en œuvre certaines mesures budgétaires
et modifiant la Loi de 1994 sur la durabilité des forêts
de la Couronne), dont l'objet est la mise en œuvre de la Contribution-santé
de l'Ontario annoncée dans le Budget de l'Ontario de 2004.
Étant présidente
d'un syndicat représentant des travailleuses et travailleurs
du secteur public, je comprends la nécessité d'un
niveau approprié de fiscalité, et sais qu'il faut
parfois majorer les impôts pour assurer avec compétence
et efficacité les services de qualité auxquels la
population a droit.
Cela dit, les impôts
n'ont pas tous le même poids et quelle que soit la manière
dont on l'envisage a Contribution-santé de l'Ontario est
inacceptable.
L'Ontario a abandonné
sa prime d'assurance-maladie il y a une quinzaine d'années
parce qu'elle était généralement perçue
comme une taxe à la charge des pauvres. C'est qu'une forte
majorité des primes individuelles étaient payées
en tout ou en partie par les employeurs en vertu de conventions
collectives ou de contrats d'emploi. De fait, à l'époque,
pas moins de 58 % des employeurs acquittaient la totalité
de la prime, tandis que 33 % en payaient une partie [1]
.
La Contribution-santé
de l'Ontario est une forme régressive d'imposition.
En mettant en œuvre la Contribution-santé
de l'Ontario par le truchement du régime d'impôt sur
le revenu, l'Ontario force les non-résidents qui travaillent
en Ontario à payer la Contribution-santé de l'Ontario,
et permet à certains résidents de l'Ontario qui travaillent
dans une autre province de différer le versement de la Contribution-santé
de l'Ontario. Cette structure administrative a des incidences sur
un grand nombre de membres de l'AFPC et d'autres travailleuses et
travailleurs qui habitent dans une province et travaillent dans
l'autre.
C'est le troisième
impôt direct que l'Ontario réserve en tout (Contribution-santé
de l'Ontario – Impôt-santé des employeurs) ou
en partie (une partie de la surtaxe ontarienne sur le revenu dépassant
52 315 $) au financement des soins de santé.
Le gouvernement de l'Ontario
a rajusté la Contribution-santé de l'Ontario depuis
le dépôt du budget et, dans certains cas, a réduit
les montants payables. Malgré cela, le gouvernement n'a pas
rajusté les tables qui stipulent ce qu'il faut retenir à
la source. Ainsi, la travailleuse ou le travailleur qui a un revenu
imposable de 22 000 $ se verra retenir 300 $ à
la place des 120 $ correspondant au montant réel de
la Contribution-santé de l'Ontario, et la travailleuse ou
le travailleur qui a un revenu imposable de 37 000 $ se
verra retenir 450 $ à la place des 360$ correspondant
au montant réel de Contribution-santé de l'Ontario.
En dernier lieu, la mise
en œuvre de la Contribution-santé de l'Ontario modifiera
fondamentalement le financement des soins de santé en Ontario,
et créera un déséquilibre entre l'impôt-santé
des employeurs et des employés au sein de la province. Ainsi,
quinze travailleuses et travailleurs individuels ayant chacun un
revenu imposable de 25 000 $ paieront collectivement 4 860 $
en Contributions-santé de l'Ontario , tandis que les employeurs
ayant une masse salariale de moins de 400 000 $ ne paieront
rien. En outre, l'employeur ayant une masse salariale de 1 million
de dollars paierait 11 700 $, tandis que 40 travailleuses
et travailleurs ayant chacun un revenu imposable de 25 000 $
(revenu imposable total 1 million de dollars) paieraient 12 000 $.
À la lumière
de tout ce qui précède, j'inciterais fortement votre
gouvernement à revenir à la planche à dessin,
et à repenser le financement des soins de santé dans
la province d'Ontario de manière qu'il soit progressif dans
les catégories de revenu; qu'il établisse un équilibre
plus approprié entre l'imposition des particuliers et des
entreprises; qu'il n'oblige pas à retenir plus d'impôt
que ce que les résidents de l'Ontario auraient à payer
plus tard et qu'il assure une exemption de retenues à la
source de la Contribution-santé de l'Ontario pour les travailleuses
et travailleurs qui se déclarent non-résidents aux
fins de l'impôt.
Solidairement,
La présidente nationale,
Nycole Turmel
NT/lm
cc:
Howie Hampton, Gerry Halabecki, Ed Cashman
[1]
Health Care Hat Trick : Ontario
Introduces Third Source of Health Care Funding – Hewitt Research
Advisory – Hewitt Associates; le 19 mai 2004.
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