Communiqué
Le 5 mai 2004
L'AFPC presse instamment le gouvernement fédéral
de refondre la loi en matière d'équité salariale
OTTAWA – Le gouvernement fédéral devrait
procéder rapidement pour traduire en dispositions législatives
les recommandations de son groupe de travail sur l'équité
salariale préconisant des mesures efficaces et proactives
en matière d'équité salariale.
Selon la présidente de l'Alliance de la Fonction publique
du Canada, Nycole Turmel, le groupe de travail a reconnu que l'équité
salariale constitue un droit fondamental, comme l'ont fait valoir
à la fois les employeurs et les syndicats durant le processus
de consultation. « La reconnaissance de l'équité
salariale comme droit renforce la nécessité d'adopter
des mesures proactives pour corriger les iniquités attribuables
à la discrimination salariale systémique. »
Mme Turmel considère en outre que « le
groupe de travail a fait un pas important dans la bonne direction
en reconnaissant l'élargissement de l'écart salarial
dans le cas des travailleuses et travailleurs de couleur, autochtones
et ayant un handicap. »
La connaissance pratique que l'AFPC a acquise de l'actuelle loi
en matière d'équité salariale (article 11 de
la Loi canadienne sur les droits de la personne) a contribué
à révéler la nécessité d'améliorer
le processus. Le syndicat compte une plainte en souffrance
auprès de la Société canadienne des postes,
toujours pas réglée après 20 ans. Il
a fallu 16 ans pour régler la plainte au motif de l'équité
salariale déposée contre le gouvernement fédéral,
qui a abouti au versement de rajustements dépassant trois
milliards de dollars à plus de 200 000 membres de l'AFPC,
actuels et anciens.
«Les employeurs des secteurs publics et privés qui
relèvent de la compétence du gouvernement fédéral
ont refusé d'appliquer le principe de l'équité
salariale et ont consacré leurs efforts et ressources à
lutter contre l'application de la loi actuelle par des recours successifs
devant les tribunaux, d'expliquer Mme Turmel. Si les
recommandations du groupe de travail sont mises en oeuvre, les employeurs
fédéraux seront obligés d'examiner leurs pratiques
en matière de rémunération et d'éliminer
la discrimination salariale. »
L'AFPC appuie les recommandations du groupe de travail voulant
que l'équité salariale donne lieu à des mesures
proactives et que
- soit mise sur pied une agence distincte chargée de rendre
effectif l'équité salariale à l'échelon
fédéral;
- soit reconnu le rôle du syndicat comme partenaire dans
l'élaboration des plans d'équité salariale;
- l'équité salariale s'applique aux travailleuses
et travailleurs à temps partiel, occasionnels, contractuels,
temporaires et des agences;
- l'équité salariale continue de s'appliquer même
si des changements, comme la vente d'une entreprise ou
la sous-traitance de tâches, sont apportés;
- les employeurs soient tenus de respecter leurs obligations en
matière d'équité salariale;
- au cours d'une période donnée, sous peine de se
voir imposer des sanctions;
- l'équité salariale soit préservée
pour faire en sorte que la discrimination ne réapparaisse
pas.
L'AFPC salue bon nombre de recommandations de groupe de travail,
mais elle s'interroge au sujet de certaines incohérences
relevées dans le rapport. À titre d'exemple,
on propose une large définition de la rémunération
aux fins de l'équité salariale, qui englobe notamment
les avantages sociaux ayant valeur pécuniaire, mais on n'accorde
pas une telle valeur aux congés payés, aux régimes
de pension, aux régimes de soins de santé et d'assurance-invalidité,
au remboursement des frais de stationnement et aux indemnités
de repas, en autres.
« Le syndicat estime que les incohérences contenues
dans le rapport peuvent être résolues par des consultations,
et nous demandons au gouvernement fédéral de commencer
à rédiger un texte législatif le plus tôt
possible », indique Mme Turmel.
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Renseignements : Alain Cossette, communications,
(613) 560-4317
28-050504
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