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Communiqué

Le 2 septembre 2004

Revendications salariales des syndicats : la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante a tout faux

OTTAWA - Selon la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), nos revendications salariales sont excessives. « Rien n'est plus faux », déclare Nycole Turmel, la présidente nationale de l'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC).

« Contrairement à ce que prétend la FCEI, les membres de l'AFPC qui travaillent à la fonction publique fédérale ne sont pas grassement payés, ajoute-t-elle. Entre 1991 et 2002 (date à laquelle remonte la dernière augmentation consentie à nos membres), les salaires ont augmenté de 18%. Durant la même période les salaires dans le secteur privé ont crû de 26,5% et l'indice des prix à la consommation a augmenté de 24,6%. »

L'AFPC remet en question les conclusions de l'étude menée par la FCEI. Selon Nycole Turmel, la méthodologie de la Fédération est boiteuse : les données de recensement ne sont pas un bon outil pour comparer les salaires et aucun cabinet reconnu d'enquêtes sur la rémunération n'utilise les recensements comme source. Ils ont plutôt recours à une méthode d'évaluation très approfondie, et donc plus précise, de comparaison entre les taux de rémunération. Les recensements établissent les catégories d'emploi en se basant sur une quantité infime d'information, ce qui accroît les risques d'erreurs de classification et les comparaisons erronées qui pourraient en découler. L'étude de la FCEI n'a également pas tenu compte de certains facteurs à l'origine des écarts salariaux : l'âge, le nombre d'années de service, la taille de l'entreprise, le niveau de scolarité et le pourcentage de syndicalisation.

« La réalité est fort simple : la fonction publique fédérale est un gros employeur syndiqué, déclare Turmel. Toute comparaison avec le secteur privé doit porter sur des employeurs de même taille dont les employé-e-s sont syndiqués. Une étude qui porte sur une large gamme d'employeurs, y compris des microentreprises et des entreprises familiales, donne, au mieux, des résultats trompeurs. En revanche, le réputé cabinet Morneau-Sobeco chargé de l'étude conjointe AFPC-Conseil du Trésor sur la rémunération des travailleuses et travailleurs des services de l'exploitation, a suivi une méthode rigoureuse et éprouvée. Cette étude a révélé qu'il existe un écart salarial de 20% entre les secteurs public et privé. »

La FCEI indique que les augmentations salariales du secteur privé s'établissent entre 2,5% et 3% en moyenne. Ceci est très intéressant, estime Nycole Turmel, car ce sont justement les hausses que le Bureau de conciliation de l'Agence du revenu du Canada a recommandées récemment. Le rapport du Bureau ajoute que le fédéral affiche des excédents budgétaires plus importants que prévus depuis 1996. Dans cette conjoncture, créée en partie par le gel salarial imposé dans les années 1990, nos revendications salariales n'ont rien d'excessif, contrairement à ce que prétend la FCEI.

Selon Turmel, les déclarations de la FCEI sur la croissance de la fonction publique fédérale ne tiennent pas la route. En fait, contrairement à ce qu'avance la Fédération, l'effectif du secteur public a diminué de 12% entre 1991 et 2003. Un chiffre effarant en soi, mais qui l'est encore davantage si on le compare à la hausse de 9% qu'a connue la population entre le recensement de 1991 et celui de 2001. Voici la réalité : un effectif réduit qui offre des services à une population plus nombreuse.

« Nos membres veulent tout simplement une hausse salariale qui rend justice à leur travail, conclut Nycole Turmel. Ils en ont assez que leur contribution au bien-être des Canadiennes et des Canadiens soit la cible d'organismes réputés pour leurs préjugés négatifs à l'endroit de la fonction publique et des syndicats. »

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Renseignements : Pierre Lebel, Communications AFPC - (613) 560-5482 ou 293-4663

55-020904

 

   
Mise à jour : 03/09/04