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8 mai 2007
L'argent des contribuables rénove un édifice à bureaux de propriété privée
Le cas Rosdev montre qu'il faut empêcher le gouvernement fédéral
de privatiser pour louer à long terme
OTTAWA – Des millions de dollars d'argent public ont servi à financer des améliorations locatives dans un complexe de bureaux de propriété privée loué par le gouvernement fédéral, ce qui soulève des questions brûlantes sur les programmes par lesquels le gouvernement fédéral vend certains de ses édifices pour ensuite les louer à long terme.
À L'Esplanade Laurier d'Ottawa, qui appartient au géant de l'immobilier Groupe Rosdev, de Montréal, le gouvernement fédéral a dépensé des millions pour améliorer le système d'alarme, remplacer les fenêtres et les tapis, et faire d'autres rénovations. Le fédéral est locataire de l'édifice, dont il a aussi entrepris de remplacer le système d'eau potable, après qu'on ait identifié une contamination au plomb en mai 2002.
« On dépense des millions de dollars d'argent public pour améliorer des édifices qui appartiennent à un propriétaire privé. Cette expérience démontre jusqu'où peuvent nous mener les programmes où le gouvernement fédéral privatise certains de ses édifices pour ensuite les louer à long terme, » dit Lina Aristeo, directrice du conseil du Québec du syndicat UNITE HERE, qui représente des employés de Rosdev aux États-Unis.
Des questions de sécurité et de maintenance ont entraîné des poursuites devant les tribunaux de plusieurs millions de dollars entre le Groupe Rosdev et le gouvernement fédéral. Des documents fédéraux internes allèguent que « Rosdev a retenu des paiements et des services au point de causer l'érosion de la valeur des bâtiments et de nuire à la satisfaction des locataires. » Après que le Groupe Rosdev ait refusé ou se soit montré incapable de corriger de graves problèmes de maintenance et de sécurité, le gouvernement fédéral a repris le contrôle et la gérance du complexe de bureaux et a investi dans d'importantes rénovations le remettre aux normes.
Parmi son empire immobilier qui dépasse le milliard de dollars, le Groupe Rosdev possède aussi les Terrasses de la Chaudière. En tout, près de 10 000 fonctionnaires, dont la majorité sont représentés par l'Alliance de la fonction publique du Canada, travaillent dans ces édifices.
Lors d'une conférence de presse tenue à Ottawa aujourd'hui, UNITE HERE s'est joint à l'AFPC pour réclamer que le fédéral mette fin à ses programmes où il privatise des édifices à bureaux dont il est propriétaire pour ensuite signer des baux à long terme avec les nouveaux propriétaires.
« Je crois que la plupart de Canadiens sont d'accord qu'il faut arrêter immédiatement cette ‘‘vente-débarras'' » dit la vice-présidente nationale de l'AFPC Patty Ducharme. « Les Canadiens ne vendraient pas leurs maisons pour les relouer ensuite. Les Canadiens sont propriétaires de ces bâtiments. Quelle est la logique de vendre ces actifs de bonne valeur pour ensuite devoir payer un loyer pour s'en servir? » Selon l'AFPC, à long terme, cette politique de privatisation va coûter au gouvernement — et aux contribuables — beaucoup plus cher qu'il en coûterait pour gérer ces bâtiments qu'il détient déjà.
Le gouvernement fédéral n'est pas le seul locataire maltraité par Rosdev. Le propriétaire a été trouvé coupable d'avoir facturé des loyers excessifs à un autre locataire commercial.
« Nous sommes solidaires du gouvernement fédéral. Et nous félicitons Ottawa d'avoir réparé le gâchis causé par la gestion négligente de Rosdev. Le Groupe Rosdev a une longue histoire de comportement abusif. En continuité avec ses comportements anti-travailleurs, cette compagnie a aussi montré qu'elle est un mauvais propriétaire pour le gouvernement fédéral et pour les contribuables canadiens, » a ajouté Mme Aristeo.
Le député d'Ottawa Centre Paul Dewar a écrit au ministre des Travaux publics Michael Fortier pour réclamer que le ministre exclue Rosdev de la possibilité d'acheter tout bâtiment fédéral. M. Dewar a aussi émis un communiqué aujourd'hui où il demande à Ottawa de mettre définitivement fin à sa pratique de privatiser des édifices pour les louer par la suite.
« Ce gouvernement tourne carrément le dos aux contribuables canadiens qui ont payé ces bâtiments et qui pourraient se voir forcés de les louer par contrat de cession-bail, lequel garantirait au nouveau propriétaire la présence d'un locataire pour les 25 années à venir — compliment des mêmes contribuables, » a dit M. Dewar.
UNITE HERE Canada a annoncé aujourd'hui qu'il allait envoyer à chaque député un carreau de marbre pour leur rappeler les promesses non remplies, les piètres efforts de maintenance et les coûts des poursuites judiciaires imposées aux contribuables canadiens comme conséquences des baux de L'Espalanade Laurier signés avec le Groupe Rosdev : ce sont de parfaits exemples qui démontrent pourquoi le gouvernement fédéral devrait s'abstenir de vendre ses bâtiments pour ensuite les relouer.
Information:
Jim Thompson, 613-447-9592
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