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7 juin 2007
Présentation de John Gordon Président national de l'Alliance de la Fonction publique du Canada au Comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires Section de la paie et des avantages - rémunération
Le 29 mars dernier, je commentais devant ce même Comité les pratiques de recrutement, de maintien en poste et d’embauche du gouvernement fédéral sous le prisme de l’équité en matière d’emploi. Je profitais aussi de l’occasion pour faire avec mes collègues la lumière sur les enjeux auxquels est confrontée la collectivité de la rémunération, plus particulièrement ses conseillers et conseillères.
Ce faisant, je réagissais aux interventions d’une présidence qui était, et qui je l’espère l’est encore, frustrée et mécontente du fait qu’un gouvernement après l’autre se soit trompé sur les priorités à fixer en ce qui concerne la classification, le recrutement et la formation des conseillers et conseillères en rémunération. Madame la présidente, le 29 mars 2007, vous avez déclaré, et je vous cite, qu’« il est évident que nous devons passer à l’acte parce que personne ne voudra travailler pour nous si nous ne pouvons les payer (traduction libre) ». À peu de choses près, ma prédécesseure avait dit la même chose lors des Congrès nationaux triennaux de l’AFPC en 2003 et en 2006. D’ailleurs, j’espère de tout cœur, que l’attention que porte le Comité à ce dossier donnera lieu à des mesures concrètes et me permettra d’annoncer au Congrès de 2009 que le gouvernement a enfin saisi les enjeux et qu’il a doté ses conseillers et conseillères en rémunération, pour ne nommer que ce groupe, d’un système de classification juste et raisonnable.
Le 29 mars dernier, nous avions déclaré qu’un système de classification inadéquat était la cause sous-jacente à la situation que vivaient les conseillers et conseillères en rémunération et avions constaté que leur norme de classification, qui remonte à 1965, n’avait jamais été mise à jour. Au cours des 42 années qui s’étaient écoulées, la nature du travail s’était considérablement transformée. Qui plus est, la complexité des dossiers et le nombre de règlements et de dispositions législatives n’avaient fait que croître. Or, le rythme des changements apportés à la classification des conseillers et conseillères en rémunération n’a pas suivi le rythme des changements apportés aux programmes et aux textes législatifs. Ce bilan étant fait, peut-on parler de justice?
Je dois dire que j’ai soulevé la question avec le président du Conseil du Trésor, Vic Toews, le 16 avril, soit quelque temps après m’être présenté devant le Comité. Et, en toute honnêteté, le ministre s’est dit inquiet de la situation. Or, seul le temps nous permettra de constater si son inquiétude se sera traduite par des mesures concrètes et pertinentes. Entre temps, l’intérêt que vous portez à ce dossier, les pressions exercées par le syndicat et les appels lancés individuellement par les conseillers et conseillères auprès du ministre et des hauts représentants du ministère seront les seuls moyens de faire avancer les choses.
Croyez-moi, je parle en toute connaissance de cause. C’est connu, en matière de classification, les dossiers sont longs à régler et, pour une raison qui m’échappe, le gouvernement est incapable de mener à terme plus d’un dossier de classification à la fois. Ainsi, lorsque mon syndicat et l’AGRHFPC se sont entendus, il y a un peu plus d’un an, sur la mise en place d’un système de classification complet pour le groupe PA, nous savions fort bien qu’il faudrait faire attendre d’autres groupes du secteur fédéral avant que leurs questions de classification, aussi légitimes soient-elles, ne puissent être prises en considération.
Malgré les contrecoups, c’était la décision à prendre. En effet, le groupe PA, le plus important du secteur public fédéral, se révèle complexe à bien des égards. Et d’ailleurs, il englobe les conseillers et conseillères en rémunération.
Je rappelle que le gouvernement précédent avait reconnu l’ampleur du problème de la classification, du moins en partie, puisqu’il avait affecté la somme d’un milliard de dollars pour corriger la situation. Or, c’est à peine si cette somme a été entamée. Ce manque d’action est un témoignage éloquent de l’échec du gouvernement à prendre acte de l’ampleur du problème et à prendre des mesures correctives pertinentes, de son incapacité à s’engager avec l’AFPC dans d’importantes initiatives comme la refonte de politiques et à faire progresser le secteur des relations de travail et des ressources humaines. Autrement dit, cet argent se trouve dans les coffres du gouvernement au lieu des poches des travailleurs et travailleuses.
Dans un mémoire que présentaient les conseillers et conseillères en rémunération au Comité, ceux-ci affirmaient que la solution du Conseil du Trésor passait par la centralisation des services de pension à Shediac au Nouveau-Brunswick. Or, ils estiment que la mesure ne viendra en rien remédier à la situation. Je me permets quelques commentaires à ce propos.
Nous avons été mis au courant, moi et d’autres présidents de syndicats de la fonction publique fédérale, de la proposition du gouvernement. Je suis d’accord avec les conseillers, le projet de transformation des services de pension ne règle rien. Toutefois, je dois admettre que c’est un pas dans la bonne direction. Il faut être réaliste, le système d’administration des services de pension est bien mal en point et la centralisation des fonctions tombe sous le sens.
Cela dit, la centralisation aura d’importantes conséquences sur la collectivité des conseillers et conseillères en rémunération, des conséquences qui ne sont pas évaluées à leur juste valeur dans le cadre du projet de transformation des services de pension. De plus, les motifs réels du projet soulèvent de nombreuses inquiétudes. Se sert-on de l’amélioration du service à la clientèle comme prétexte pour masquer une réduction des emplois? Des doutes qu’il faudra tirer au clair.
Je dois signaler, à l’instar des conseillers et conseillères en rémunération, que la mise en place de numéros sans frais et de systèmes en libre-service sur le Web n’évoque guère chez les employés et la population canadienne l’image d’un service à la hauteur des attentes. Or, le gouvernement considère qu’un tel modèle sera l’un des bienfaits de la transformation des services de pension. Toutefois, ce même gouvernement doit bien admettre que la mise en œuvre d’un modèle de service semblable à Service Canada n’a réussi qu’à aliéner la clientèle, à engendrer l’insatisfaction et à susciter la résistance, surtout de la part des personnes âgées. Je ne suis pas réfractaire au changement, bien au contraire. Je crois qu’il y a de réels avantages à se servir de numéros sans frais et à mettre en place des systèmes en libre-service sur le Web, mais ils doivent servir de compléments au service. En effet, rien ne peut remplacer la communication personnalisée entre un expert en pension ou en rémunération et une personne qui cherche à obtenir des réponses à ses questions sur les prestations ou les avantages, ou encore, qui cherche de l’aide pour analyser ses options.
Bref, le gouvernement a hérité d’un système d’administration des pensions et de la paie complètement désuet. Il a hérité d’un système qui a besoin d’être remanié de fond en comble. Il a hérité d’un système qui sous-estime la valeur de ses conseillers et conseillères en rémunération.
Il est vrai que le dossier est loin d’être dans la mire du public. Toutefois, le gouvernement a le devoir de régler la situation. En effet, nos membres ne manqueront pas de tenir compte des mesures prises par le gouvernement dans ce dossier lorsque viendra le moment de voter.
Merci de votre attention.
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