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Communiqué

Le 29 mars 2007

Un secteur public fédéral vieillissant : de nouvelles approches s'imposent

OTTAWA – L'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) affirme que le gouvernement fédéral se doit de modifier certaines de ses pratiques s'il veut relever les défis amenés par un secteur public fédéral dont le profil démographique est en changement.

Le président national de l'AFPC, John Gordon, qui se présente aujourd'hui devant le Comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires, invite le gouvernement fédéral à apporter des changements à ses méthodes et pratiques de dotation s'il veut surmonter les défis soulevés par une main-d'œuvre vieillissante.

« Au moment de doter des postes à temps partiel ou à court terme, l'employeur n'a pas à tenir compte des mêmes considérations concernant l'équité en emploi que lorsqu'il dote des postes pour une période indéterminée », affirme John Gordon en réaction à une déclaration de la présidente de la Commission de la fonction publique (CFP). Selon la présidente, 88,6 % des postes du fédéral sont comblés en embauchant des personnes occasionnelles ou pour une période déterminée, ou encore, en embauchant des étudiants et étudiantes.

« Selon le rapport annuel de la CFP de 2004-2005, environ 65 % des personnes nommées à des postes permanents dans les services publics fédéraux provenaient d'un bassin de travailleurs et travailleuses temporaires. Cela explique peut-être que le comité sénatorial a récemment décrit une telle pratique de dotation comme ‘'l'une des pierres d'achoppement les plus importantes'' à la réalisation de l'équité en emploi », affirme John Gordon. « Il faut, comme solution, plutôt réduire, voire éliminer, l'accès par la porte arrière aux postes pour une période déterminée ou indéterminée. Pourtant, les agences qui font de la dotation ne connaissent pas une telle solution. »

Le président de l'AFPC soulève aussi la question de la perte de la mémoire institutionnelle que subira le gouvernement. « Quand la Commission de la fonction publique soutient que le gouvernement est bien équipé pour remplacer les gens qui prennent leur retraite, elle n'indique aucunement comment il assurera le transfert des compétences et des connaissances des personnes qui prennent leur retraite. Dans certains secteurs, il y aura une perte considérable des connaissances, et cela pourrait nuire à la bonne prestation des services publics. » 

Amoindrir les pensions du fédéral pour rendre la retraite moins accessible n'est pas la solution au problème, de mettre en garde John Gordon. « La pension moyenne, particulièrement pour les femmes, est loin d'être généreuse. En 2005, une retraitée du secteur public fédéral touchait en moyenne une pension de 14 185 $. »

« Si l'on veut s'adapter au changement démographique et s'assurer que les Canadiennes et les Canadiens sont bien servis par la fonction publique, il faut faire preuve de flexibilité. C'est la flexibilité qui permet aux travailleuses et aux travailleurs de passer progressivement à la retraite et de rester en poste en effectuant moins d'heures, facilitant ainsi le transfert des connaissances et de l'expérience aux nouveaux employés qui reflètent la diversité du Canada. »

L'AFPC demande donc au gouvernement fédéral de modifier la Loi sur la pension de la fonction publique de telle sorte que les travailleuses et travailleurs du secteur public puissent réduire leur semaine de travail et toucher les prestations de retraite comme le prévoit le récent budget du gouvernement conservateur.

Selon John Gordon, le gouvernement peut et doit faire plus en tant qu'employeur. Par exemple, il peut et doit s'assurer que les ministères et agences ont recours aux étudiantes et aux étudiants selon la politique du gouvernement, et non comme une main-d'œuvre bon marché pour faire de menus travaux, comme c'est trop souvent le cas.

L'AFPC représente plus de 160 000 personnes, dont la vaste majorité travaillent pour des ministères et des agences du gouvernement fédéral.

Renseignements :
Denis Boivin, Communications – AFPC
613-222-4617 (cellulaire)

16-290307


Mise à jour : 29/03/07