Programme des femmes
Déclaration de principe de l'AFPC no 34
Les femmes et l'AFPC : de l'ombre à la lumière
(Adoptée
en 1994)
(Révisée en avril 1997)
En 1980, cinquante mille commis fédéraux sont sortis
dans la rue pour revendiquer une rémunération équitable. Cette grève a
été l'une des plus marquantes déclenchées au Canada, mais ce qui a
été le plus remarquable à l'époque, c'est qu'au moins trois quarts de
ces commis étaient des femmes.
Nous venions de tous les Éléments de l'Alliance. Il y
avait des femmes âgées, des jeunes femmes, des francophones, des
anglophones, des lesbiennes et des femmes ayant un handicap, des femmes
autochtones et des femmes de couleur. Nous étions de toutes les races et
de tous les milieux socioculturels, luttant collectivement pour la
première fois afin que l'on reconnaisse la valeur de notre travail.
Auparavant, on considérait les femmes comme des
membres passives de l'Alliance et des autres syndicats. Parmi nos
confrères, très peu nous pensaient capables d'entreprendre et de
soutenir une action militante et très peu d'entre nous estimions être de
vraies syndicalistes.
Mais la grève des commis a propulsé les femmes au
premier plan. Nous avons fait savoir, non seulement à l'employeur mais
aussi au syndicat, que nous n'étions pas disposées à nous contenter de
bas salaires et du statut de subalternes. Les femmes réclamaient des
salaires équitables et le respect, la reconnaissance au travail,
l'équité et l'estime de leur syndicat.
Depuis la grève des commis en 1980, le militantisme
féminin constitue une force vive pour revitaliser le syndicat. La
rémunération inéquitable des femmes constitue une revendication majeure
pour l'Alliance et les femmes figurent de plus en plus au premier plan
dans les rôles de dirigeantes.
Nous avons aussi contesté la vision de l'Alliance en
l'élargissant pour y inclure l'équité en milieu de travail, la
protection contre le harcèlement sexuel et le racisme, et, les questions
sociales telles que le libre choix à l'égard de la maternité, la garde
d'enfants et la répartition du pouvoir politique et économique que sous-tend
notre inégalité.
En élargissant notre champ d'action pour y inclure
l'équité et la justice sociale, le militantisme féminin a transformé
le programme du syndicat pour qu'il reflète les différentes expériences
et reconnaisse la diversité. Les femmes francophones, les femmes
autochtones, les femmes ayant un handicap, les femmes de couleur, les
lesbiennes et d'autres ont soulevé les questions de la diversité et de
l'intégration. Ensemble, nous avons lutté pour établir une nouvelle
solidarité qui reconnaît et respecte ces différences, et qui
intégrerait celles parmi nous qu'on a marginalisées dans l'emploi, dans
la société et dans le syndicat.
Nos démarches auprès du syndicat ont contribué à
amener celui-ci à s'engager dans la lutte en faveur de l'égalité dans
le lieu de travail. Le harcèlement sexuel est au programme parce que nous
l'y avons inscrit. L’importance de combattre le racisme est au programme
parce que nous l’y avons inscrit. La lutte en faveur de l’équité en
matière d'emploi et de l'équité salariale est une lutte clé pour
l'Alliance. La violence contre les femmes, particulièrement les femmes
membres des groupes d’équité, a pris une importance de plus en plus
grande dans notre lutte pour le changement dans la société, au travail
et au foyer. Par exemple, les femmes ayant des handicaps subissent des
taux très élevés de violence sexualisée et autres formes de violence.
On peut faire davantage, mais les femmes sont fières,
à juste titre, des efforts qu'elles ont fournis au cours des quinze
dernières années pour transformer le syndicat et le rendre plus attentif
envers les membres. Ce faisant, nous avons rendu le syndicat plus fort et
plus démocratique, et plus apte à représenter les droits des
travailleuses dans le lieu de travail. Il continue cependant à y avoir de
la résistance, pour ce qui est de changer l'égalité des femmes dans le
syndicat, au travail et dans la société. Nous demandons à notre
syndicat de lever ses barrières de résistance, de préjugés; et de
racisme; ainsi, au lieu d'être un obstacle à la lutte des travailleuses
pour l'égalité et la justice, le syndicat devient une source de force et
de mobilisation, d'inspiration et d'espoir. Un syndicat fondé sur l’égalité
et le respect de la diversité est un syndicat plus fort et plus dynamique.
L'égalité que nous revendiquons devrait susciter plus
que des demi-mesures ou des initiatives symboliques. Pour bâtir une
solidarité non exclusive, le syndicat doit s'engager davantage à
l'égard de l'équité en trouvant des façons nouvelles de faire les
choses, qui contribueraient à transformer la répartition inégale du
pouvoir. Nous devons nous assurer de bâtir une solidarité non exclusive,
pour faire entrer dans la lumière les membres qui sont dans l'ombre. Pour
ce faire, il faut:
A. Réduire les coûts élevés d'être femme;
B. Transformer les systèmes de pouvoir en milieu
de travail;
C. Instaurer l'équité au sein de l'Alliance;
D. S'unir pour affronter la violence, le
harcèlement et la discrimination;
E. Former les femmes pour qu'elles militent au
syndicat et dans la collectivité;
F. Renouveler notre solidarité entre femmes.
Pour atteindre ces objectifs, nous proposons le plan
d'action qui suit:
A. RÉDUIRE LES COÛTS ÉLEVÉS D'ÊTRE FEMME
Reconnaître nos obligations à l'égard des enfants et
de la famille : Plan d'action
Lieu de travail
A.1 L'Alliance devrait exiger que tous les
employeurs fournissent des services de garde d'enfants en milieu de
travail. Même si l'Alliance possède une lettre d'entente qui couvre
les employé-e-s du Conseil du Trésor, dans laquelle l'employeur
s'est engagé à payer les frais de démarrage de garderies en milieu
de travail, les dispositions doivent s'appliquer à toutes les unités
de négociations. Malgré cette lettre d'entente, le Conseil du
Trésor n'a pas alloué de fonds distincts pour payer ces frais de
démarrage, mais il s'attend à ce qu'ils proviennent des budgets
actuels des ministères et des organismes. Le syndicat doit forcer
tous les employeurs à reconnaître leur responsabilité quant à la
provision de fonds supplémentaires distincts pour les frais de
démarrage, d'exploitation et d'entretien.
A.2 L'Alliance devrait commencer à aborder les
problèmes des membres en matière de soins familiaux, en procédant
à un sondage sur les besoins. Les résultats de ce sondage devraient
servir à établir des projets pilotes de soins familiaux. Ces projets
pourraient prendre la forme de subventions aux travailleurs et
travailleuses, de soins familiaux sur place ou à proximité,
d'indemnisation des frais de soins familiaux supplémentaires pendant
les périodes d'heures supplémentaires, de postes, d'horaires
variables ou d'urgence, de soins familiaux au foyer pour les
travailleurs et travailleuses dont les dispositions habituelles de
garderie sont interrompues temporairement ou ne sont pas disponibles.
A.3 Nous devons veiller à ce que les dispositions
de notre convention collective tiennent compte de la situation
familiale de nos membres (tel que défini au point A.5), c'est-à-dire :
A.3.1 Consolider le congé non payé pour la
prestation de soins aux enfants d'âge préscolaire en supprimant la
période de congé minimale; veiller à ce que l'on tienne compte de
ce congé aux fins de l'« emploi continu » et des augmentations
salariales.
A.3.2. Négocier un congé payé pour obligations
familiales, de vingt-cinq jours ouvrables par année civile, sans
imposer de limites sur le nombre de journées consécutives. Cette
admissibilité accrue à un congé payé reconnaît le droit des
membres de travailler dans un milieu favorable à la famille: elle
encourage le partage des obligations familiales et permet aux membres
de prendre soin des personnes âgées.
A.3.3 Négocier des droits aux prestations pour les
parents âgés (p. ex. les régimes de médicaments, le régime de
soins dentaires, etc.).
A.3.4 Négocier le supplément de rémunération
des prestations d'assurance-chômage relatives au congé parental et
les congés de maladie reliés à la grossesse.
A.4 Les responsabilités familiales ainsi que la
vie familiale doivent être reconnues dans le lieu de travail et dans
la société. Nous devons, de concert avec le CTC et d'autres
syndicats, relancer le débat public sur la nécessité d'heures de
travail réduites sans perte de rémunération. Il faut réactiver la
campagne en faveur d'une semaine de travail raccourcie. Nous devons
inclure dans nos revendications contractuelles la nécessité d'une
semaine de travail plus courte, d'horaires variables et comprimés, et
d'aménagement du temps de travail.
A.5 Il faut redéfinir en priorité la famille dans
nos conventions collectives. La définition remaniée doit comprendre
le conjoint ou la conjointe, le partenaire choisi, que ce partenaire
soit du même sexe ou non, les enfants (y compris les enfants du
conjoint ou de la conjointe, les enfants nourriciers, les enfants du
conjoint ou de la conjointe par union de fait), les parents (y compris
les parents par remariage, les parents nourriciers, les beaux-parents,
les soeurs et les frères (y compris les belles-soeurs et les beaux-frères),
les grands-parents (y compris les grands-parents du conjoint ou de la
conjointe), les petits-enfants (y compris les petits-enfants du
conjoint ou de la conjointe) et les autres membres de la famille
reconstituée. Une telle redéfinition doit comprendre la négociation
de la reconnaissance contractuelle de la situation des lesbiennes et
des gais, de sorte que les responsabilités à l'égard de leurs
enfants et de leur famille soient reconnues et que les avantages
sociaux pour lesquels elles et ils ont cotisé puissent être
utilisés pour soutenir leur famille.
A.6 L'Alliance doit poursuivre sa lutte afin que la
partie II du Code canadien du travail soit modifiée de manière à
assurer aux travailleuses enceintes ou qui allaitent la protection en
matière de sécurité en milieu de travail. Il faut insister pour
modifier les fonctions du poste ou pour réaffecter la travailleuse à
un autre poste qui ne comporte pas de dangers. Si le poste ne peut
être modifié, ou si la travailleuse ne peut être réaffectée, la
travailleuse enceinte ou qui allaite doit alors avoir le droit à un
congé payé en entier jusqu'à la fin de la grossesse ou de
l'allaitement.
A.7 L'AFPC doit s'engager à faire modifier la Loi
canadienne sur les droits de la personne pour interdire la
discrimination en matière d'embauche, de placement en emploi,
d'avancement et d'autres conditions d'emploi, fondée sur des facteurs
reliés à la physiologie de la reproduction telle la capacité de
reproduction, la grossesse, la naissance ou l'allaitement.
A.8 L'AFPC doit s'engager à faire modifier les
lois sur l'emploi de manière à donner aux travailleuses enceintes ou
qui allaitent le droit au même traitement et aux mêmes avantages que
dans leur poste régulier, et à la protection de leur emploi pendant
tout le congé.
A.9 L'AFPC doit s'engager à faire modifier les
lois sur la santé et la sécurité afin d'éliminer les conditions de
travail dangereuses pour les travailleuses enceintes ou qui allaitent.
Communauté
A.10 La lutte en faveur de garderies ne doit pas se
limiter à des dispositions qui répondent aux besoins des membres de
l'Alliance, elle doit surtout viser l'établissement de garderies de
bonne qualité et accessibles, sans but lucratif, à orientation
coopérative à tous les Canadiens et Canadiennes -- des garderies qui
respectent les besoins régionaux et la diversité culturelle et
répondent aux besoins des enfants ayant un handicap. Nous conseillons
vivement à l'Alliance de consacrer des ressources à la campagne
relative aux garderies, d'exercer des pressions sur les député-e-s
et de faire des garderies une question prioritaire dans toutes les
activités électorales.
A.11 Bien que la pauvreté des ménages dirigés
par des mères célibataires ait plusieurs causes, le fait que l'on
permette aux pères qui n'ont pas obtenu la garde de manquer à leur
obligation à l'égard des pensions alimentaires est un facteur
critique. L'Alliance doit établir des coalitions avec des organismes
qui partagent les mêmes idées, pour exercer des pressions sur les
gouvernements provinciaux et territoriaux afin d'obtenir des accords
en vue d'exiger les paiements de soutien aux enfants par-delà les
frontières provinciales et territoriales.
A.12 Le gouvernement fédéral devrait abolir la
déduction au titre de paiements de soutien des enfants et de pension
alimentaire, dans la déclaration d'impôt des particuliers. Les
paiements ne devraient pas être imposables pour la personne qui les
reçoit.
Syndicat
A.13 Le syndicat doit démontrer sans équivoque
que la famille y a sa place. Pour être accueillant envers la famille,
le syndicat doit offrir un cadre qui reconnaît la famille. Il doit
offrir un environnement qui permette aux militant-e-s d'amener leur
famille aux activités syndicales; un environnement qui ne force pas
les enfants d'être entourés de gens qui consomment de l'alcool; un
environnement où les personnes à notre charge se sentiront à l'aise.
De plus, il faut annoncer partout que l'AFPC offre de rembourser les
frais de garde familiale.
L'avenir du travail des femmes
Lieu de travail
A.14(a) L'Alliance doit négocier pour s'assurer
que le télétravail fasse partie de toutes les conventions
collectives, afin que celles et ceux qui choisissent le télétravail
soient protégés contre les abus de l'employeur (charge de travail
accrue, horaire de travail prolongé, responsabilisation des
travailleurs et travailleuses en matière de santé et de sécurité,
coûts reliés à l'équipement, etc. Voir également le document de
l'AFPC sur le télétravail intitulé « Rentrer chez soi...et y
rester »).
A.14(b) Dans un deuxième temps, l’Alliance doit
s’impliquer dans le dossier de l’organisation du travail en
négociant des protocoles ou lettres d’entente avant la mise en
oeuvre en incluant la pleine reconnaissance du syndicat, le respect
intégral de la convention collective et la formation adéquate des
membres, ainsi l’accès à l’information aura comme résultante de
protéger nos emplois, d’assurer une formation professionnelle, d’éliminer
la sous-traitance et d’améliorer nos conditions de travail et de
vie.
A.15(a) Le travail à temps partiel, occasionnel,
saisonnier ou temporaire, ou encore le partage d'emploi, doit être
laissé au choix du travailleur ou de la travailleuse, et nous devons
pouvoir retourner à un emploi à temps plein lorsque survient un
poste vacant. Nous devons lutter pour que les travailleuses et
travailleurs à temps partiel, occasionnels, saisonniers, temporaires,
ou qui partagent un emploi, aient le droit de contribuer à des
régimes de pension, peu importe la durée du travail. Ces
travailleurs et travailleuses doivent bénéficier de jours fériés
aux taux de rémunération établis dans les conventions collectives.
Ils devraient également toucher des augmentations d'échelon de
salaire annuelles.
A.15(b) Pour nous permettre d’agir sur les
retombées néfastes de l’organisation du travail dans notre milieu,
nous devrons: être paritaire aux démarches d’organisation du
travail et/ou tout projet pilote, intégrer la dimension des
conditions de vie de travail et d’équité des femmes dans le
traitement du dossier de l’organisation du travail, s’impliquer
dans notre milieu de travail dès le début de la démarche à partir
de l’étape du diagnostic à celle de l’implantation de nouveaux
processus, négocier les libérations syndicales payées par l’employeur
afin de permettre une pleine participation à l’ensemble du
processus de réorganisation du travail, avoir accès à toutes les
informations pertinentes, dénoncer toutes atteintes à la
représentation à la présence syndicale, développer une expertise
syndicale par de la formation et de l’information, s’assurer que l’employeur
donne une formation professionnelle, pour faire face aux défis
technologiques, protéger les classifications et les descriptions de
travail, garantir que l’employeur fournisse un environnement
sécuritaire et non violent en milieu de travail, éliminer la
sous-traitance et négocier l’inclusion d’une définition
complète d’un changement technique, un préavis comprenant un
rapport de toutes les répercussions sur le personnel et une formation
et un perfectionnement professionnel pour les membres affectés par
les changements technologiques, ainsi que des clauses en santé et
sécurité.
Syndicat
A.16 L’Alliance doit poursuivre son rôle de
leadership, sensibiliser les membres à tous les aspects du
télétravail et de l’organisation du travail, y compris toutes
limites et difficultés.
A.17 L'Alliance, par l'entremise des comités
régionaux des femmes, doit établir des coalitions avec d'autres
groupes pour lutter contre les conséquences qu'ont sur les femmes
l'expansion et l'intégration des marchés et contre les
répercussions des réformes de la structure économique.
Résoudre le problème de la rémunération
inéquitable: Plan d'action
Lieu de travail
A.18 Afin de s'assurer de la mise en application
équitable du nouveau système de classification, tous les membres de
l'Alliance, leurs gestionnaires et leurs superviseurs, doivent
recevoir une formation pour résoudre les problèmes de
reclassification, y compris la question de la non discrimination
sexuelle et les antécédents du parti pris pour l'autre sexe dans la
classification des emplois. Le cours devrait être mis au point et
dispensé conjointement par le syndicat et la direction dans des
délais prescrits. Le cours devrait être obligatoire, payé par
l'employeur et offert pendant les heures de travail. Pour occuper un
poste de gestion, il faudrait d'abord avoir suivi le cours avec
succès.
A.19 Le cours devrait être donné immédiatement
à tous les groupes concernés avant la conversion à toute nouvelle
structure des groupes professionnels.
A.20 Tous les employeurs doivent tenir compte de
l'équité salariale dans leur budget.
Syndicat
A.21 L'Alliance devra régler la question de
l'équité salariale, peu importe les coûts. Il faut affecter des
ressources pour:
1. négocier l'équité salariale;
2. obtenir gain de cause dans la bataille juridique;
3. lancer une campagne d'action politique visant à
presser
les gouvernements à mettre fin à l'injustice
salariale; et
4. sensibiliser le public et les membres au moyen
d'une
campagne à l'échelle nationale.
A.22 A) L'Alliance doit exiger aussi que l'équité
salariale soit instaurée avec effet rétroactif avant que soient mis
en place les nouveaux systèmes de classification.
B) L'Alliance négociera en vue d'intégrer
l'équité salariale aux régimes de classification qui sont
négociables.
C) Les rajustements paritaires doivent être
incorporés à la rémunération de base.
A.23 L'Alliance doit engager les ressources
nécessaires pour soutenir la bataille en faveur de l'équité
salariale devant les tribunaux ou auprès de la Commission canadienne
des droits de la personne.
B. TRANSFORMER LES SYSTÈMES DE POUVOIR EN MILIEU DE
TRAVAIL: Plan d'action
Lieu de travail
B.1 L'Alliance doit surveiller l'impact de la
réduction, du gel de l'embauche, du télétravail et de la
restructuration sur les groupes désignés. Au moyen de la
négociation avec l'Alliance, les employeurs doivent effectuer un
examen global des systèmes d'emploi en ce qui concerne les pratiques
concernant le recrutement, la sélection, l'embauche, la formation,
l'avancement et la cessation d'emploi.
B.2 L'Alliance doit être un partenaire à parts
égales dans tout projet d'équité en matière d'emploi, de sorte que
les problèmes de roulement élevé; de climat hostile dans les lieux
de travail; de ségrégation dans des ghettos d'emplois;
d'inaccessibilité physique et communicationnelle, d'exigences
physiques injustifiées; de méthodes inefficaces pour régler le
harcèlement sexuel, racial, personnel, psychologique et d'autres
formes de harcèlement; et de priorités de formation, puissent être
examinés et corrigés au besoin.
B.3 Des comités mixtes syndicaux-patronaux sur
l'équité en matière d'emploi doivent être établis aux niveaux
national, régional et local. Les comités aux niveaux national et
régional doivent être chargés de la détermination des mesures
correctives à court et à long termes. Les comités au niveau local
doivent contrôler leur mise en application. L'employeur doit financer
les comités mixtes à tous les niveaux comme il finance les comités
de santé et de sécurité.
B.4 En dernière analyse, la responsabilité du
succès ou de l'échec des programmes d'équité en matière d'emploi
incombe aux ministres, aux sous-ministres et aux cadres supérieurs et
intermédiaires. Les évaluations du rendement des cadres supérieurs
et intermédiaires doivent porter notamment sur la mesure dans
laquelle ils réussissent et ne réussissent pas à atteindre les
objectifs établis.
B.5 Pour résoudre le problème du taux élevé de
roulement parmi les groupes désignés, l'Alliance doit également
participer à un processus efficace d'entrevues de cessation d'emploi.
Un processus d'enquête sur les faibles taux de conservation des
effectifs dans certains ministères et lieux de travail doit
également faire partie du mandat des comités mixtes
syndicaux-patronaux. Bien entendu, il est nécessaire d'établir des
méthodes efficaces pour remédier au harcèlement sexuel, racial,
personnel et psychologique, ainsi qu'aux autres formes de harcèlement.
B.6 Les programmes d'équité en matière d'emploi
doivent tenir compte de la ségrégation dans des ghettos
professionnels. À cette fin, il faut établir des programmes de
transition efficaces qui nous permettraient de passer de postes de
soutien administratif à des postes professionnels et techniques. Nous
devons également examiner le principe du mérite et sa nature
subjective afin de déceler tout préjugé culturel ou tout parti pris
contre l'autre sexe ou tout parti pris contre une incapacité.
B.7 Afin de tenir compte des besoins particuliers,
il faut évaluer l'accessibilité aux lieux de travail et analyser les
exigences physiques et communicationnelles reliées à certains
emplois. Il faut mener ces enquêtes pour s'assurer de l'amélioration
des taux de représentation des femmes ayant un handicap, qui sont
extrêmement faibles. Les solutions recommandées doivent être mises
en application immédiatement.
B.7.1 L'Alliance élaborera une politique sur la
sécurité, les besoins et les exigences les membres ayant un
handicap.
B.8 Les membres de l'Alliance détermineront les
désignations des groupes cibles. Les groupes devant être désignés
dans le cadre du programme d'équité en matière d'emploi doivent
l'être au moyen de négociations entre l'Alliance et les employeurs
respectifs. En ce qui concerne la désignation relative à l'équité
en matière d'emploi, il faut tenir compte des autres groupes tels que
les lesbiennes, les gais et les travailleuses et travailleurs âgés.
Syndicat
B.9 Nous devons reconnaître qu'il y a encore de la
résistance aux programmes d'équité en matière d'emploi. Nous
croyons que cet état de fait découle d'un manque de compréhension
de la question ou du manque d'information. Nous devons sensibiliser
nos membres aux programmes d'équité en matière d'emploi, expliquer
et mettre en valeur les dossiers d'accès à l'égalité et faire
preuve de leadership par un examen continu de nos propres systèmes
d'emploi et par la mise en application de notre politique d'équité
en matière d'emploi.
B.10 L'AFPC doit exercer des pressions afin que des
changements soient apportés aux textes de loi pour assurer la mise en
application des programmes d'équité en matière d'emploi.
C. INSTAURER L'ÉQUITÉ AU SEIN DE L'ALLIANCE:
Plan d'action
Syndicat
C.1 L'absence totale de membres des groupes
désignés à tous les paliers de la structure du syndicat est encore
plus prononcée et perceptible. Alors que bien des bureaux régionaux ne
comptent aucun personnel cadre de sexe féminin, la vaste majorité ne
comptent personne qui représente les groupes désignés. Dans ces
conditions, l'Alliance ne peut espérer répondre aux besoins d'une
proportion de plus en plus grande de ses membres. L'Alliance doit
corriger cette situation.
C.2 Les femmes membres de
notre syndicat appartenant aux groupes raciaux visibles ou aux groupes
autochtones ont été grandement sous-représentées au sein de l’AFPC,
particulièrement au sein des organismes responsables des politiques. Il
est important que les préoccupations, les perspectives et les questions
prioritaires de ces membres contribuent à façonner l’AFPC et ses
politiques. Nous savons que le racisme, qu’il soit intentionnel ou non,
constitue toujours un obstacle important dans les politiques et les usages
de l’AFPC. Par exemple, les femmes exigent une reconnaissance de l’importance
de l’esclavage en tant que régime de travail qui exploite ainsi que du
génocide culturel que l’on a infligé aux personnes autochtones. En
guise de correctif partiel, l’AFPC devrait établir une politique
pratique de lutte contre le racisme avant la prochaine conférence
triennale nationale des femmes. Cette politique devrait montrer que les
femmes de couleur et les femmes autochtones subissent du racisme qui est
souvent sexualisé, et du sexisme qui est souvent à connotation raciale.
Cette politique doit également aborder la violence que les femmes de
couleur et les femmes autochtones subissent dans la société, au travail
et au foyer.
D. S'UNIR POUR AFFRONTER LA VIOLENCE, LE
HARCÈLEMENT ET LA DISCRIMINATION: Plan d'action
Lieu de travail
D.1 Les employeurs doivent faire tous les efforts
pour s'assurer que les travailleuses et travailleurs ne soient pas
exposés aux agressions. Les femmes, particulièrement les femmes
membres de groupes d’équité, sont notamment exposées à des
agressions en milieu de travail. En particulier, si les compressions
d'effectifs ou les lieux de travail conçus de façon inappropriée
présentent des dangers pour les femmes, c'est la responsabilité de
l'employeur d'établir des lieux de travail exempts de violence,
d'assurer entièrement la sécurité au travail, plutôt que de
transférer les femmes ou de limiter les possibilités d'emploi qui
s'offrent à elles.
D.2 Dans le cadre des négociations, des colloques
mixtes syndicaux-patronaux sur le harcèlement et la discrimination,
offerts pendant les heures de travail, doivent faire partie des
revendications prioritaires. La présence des employé-e-s et des
gestionnaires à ces colloques doit être obligatoire et la formation
doit être fournie sur une base continue.
D.3 L'Alliance négociera l'intégration dans
toutes les conventions collectives des éléments suivants : des
clauses efficaces qui interdisent la discrimination, lesquelles sont
exécutoires et renferment des pénalités ou une indemnisation; des
mécanismes efficaces de redressement qui prévoient des échéances
d'intervention et de redressement; le droit de refuser de travailler
dans un environnement où la victime est harcelée; une protection de
100 pour cent en ce qui concerne la consultation et la thérapie,
ainsi que des dispositions de congé visant les victimes de violence
et de harcèlement. Il faudrait consulter les membres au sujet de la
forme d'aide qui leur sera apportée.
D.4 Il faut accorder une attention spéciale, pour
ce qui est de redresser les torts qu'ont subi les victimes directes et
indirectes du harcèlement et de la discrimination. Il faut que les
agresseurs reçoivent un traitement conséquent à leurs actions et
que le milieu de travail empoisonné reçoive l'aide nécessaire. Dans
un milieu empoisonné, il faut répéter la formation obligatoire. Il
faut également consulter les employé-e-s afin de cerner les facteurs
qui empoisonnent le milieu, et déterminer quel genre d'aide leur sera
fournie.
D.5 Nous devons également insister pour que les
agresseurs, et non leurs victimes, soient réaffectés et surveillés
de près dans leur nouveau lieu de travail. Les récidivistes doivent
être renvoyés automatiquement. Le lieu de travail qui a été
empoisonné doit être surveillé et évalué conjointement par le
syndicat et la direction afin de prévenir d'autres situations de
harcèlement et de discrimination.
D.6 Les sanctions mises en vigueur contre les
harceleurs doivent être dissuasives et doivent inclure: la demande
d'excuses présentées par écrit, une thérapie ou un counselling
approprié, un retrait des fonctions de supervision comme mesure
temporaire ou permanente, un transfert de lieu de travail, une
pénalité financière, une lettre de réprimandes ou d'autres mesures
disciplinaires jusques et y compris le renvoi. Lorsqu'il s'agit de
déterminer quelle mesure disciplinaire devrait être prise contre le
harceleur, il faut tenir compte, entre autres, des facteurs suivants:
1. la vulnérabilité de la victime;
2. l'effet psychologique du harcèlement sur la
victime; et
3. les répercussions sur la carrière de la
victime.
D.7 Les représentant-e-s en milieu de travail
doivent savoir comment les femmes victimes de violence peuvent trouver
de l'aide, et où elles peuvent en trouver. Les lieux de travail
devraient disposer de la documentation sur les services disponibles
dans la collectivité, y compris ceux qui sont spécifiquement offerts
aux femmes, aux femmes de couleur, aux immigrantes, aux femmes
autochtones, aux femmes ayant un handicap, aux femmes bisexuelles et
aux lesbiennes. Les numéros de téléphone des abris et des services
d'écoute téléphonique devraient être clairement affichés. La
formation payée par l'employeur doit comprendre la sensibilisation à
une gamme entière de questions sur la violence faite aux femmes.
L'examen du rendement effectué par les gestionnaires devrait
comprendre également une évaluation de la gestion du personnel et un
dossier des antécédents en matière de harcèlement. Les
représentant-e-s en milieu de travail doivent connaître les façons
les plus efficaces et les plus appropriées de soutenir et d'aider les
femmes qui sont victimes de violence, de harcèlement, de racisme, de
sexisme, de discrimination, et d’homophobie. Il faut consulter le
syndicat au sujet du choix des représentant-e-s en milieu de travail.
Syndicat
D.8 Les politiques sur le harcèlement et la
discrimination au sein du syndicat doivent être renforcées. La «
politique de l'AFPC sur le harcèlement et la procédure des plaintes
» doit être mise en oeuvre, et son efficacité doit être
surveillée. Les enquêtes concernant les plaintes de harcèlement et
de discrimination doivent être terminées dans les trois mois de la
date de la plainte. Dans le cas de harcèlement d'un membre envers un
autre membre, il faut tenir compte des points suivants dans la
nouvelle procédure concernant la discipline:
D.8.1 Le comité d'enquête doit comprendre
uniquement des dirigeant-e-s qui auront obtenu une formation
particulière sur la façon de traiter les cas de harcèlement et de
discrimination.
D.8.2 Toute décision du comité d'enquête doit
pouvoir faire l'objet d'un appel au prochain palier par l'une ou
l'autre partie.
D.8.3 Les entrevues ou les chances de parler,
prévues dans la procédure d'enquête, de décision ou d'appel,
doivent être accordées également à la présumée victime et au
présumé harceleur.
D.9 Compte tenu du caractère insidieux de toutes
les formes de harcèlement et de discrimination dans notre société,
le syndicat doit mettre en oeuvre une politique de tolérance zéro
dans ce domaine. Cela devrait inclure des sanctions disciplinaires à
l'intention des personnes qui protègent manifestement les harceleurs.
D.10 Le dossier de la violence faite aux femmes
doit être une priorité permanente du comité d'action politique.
L'Alliance doit exercer des pressions sur les gouvernements fédéral,
provinciaux et territoriaux, pour qu'ils consacrent des ressources aux
abris pour femmes, aux centres d'aide aux victimes de viol et
d'agression sexuelle, et pour qu'ils élaborent des politiques de fond
à l'appui des efforts communautaires visant à aider les femmes.
D.11 Les délégué-e-s syndicaux et les dirigeant-e-s
doivent savoir comment les femmes victimes de violence peuvent trouver
de l'aide, et où elles peuvent en trouver. Les bureaux des sections
locales doivent contenir de la documentation sur les services
disponibles dans la collectivité, y compris ceux qui sont
spécifiquement offerts aux femmes, aux femmes de couleur, aux
immigrantes, aux femmes autochtones, aux femmes ayant un handicap, et,
aux bisexuelles et aux lesbiennes. Les numéros de téléphone des
abris et des services d'écoute téléphonique devraient être
clairement affichés. La formation des délégué-e-s syndicaux et de
tous les dirigeant-e-s des sections locales doit comprendre la
sensibilisation à une gamme entière de questions sur la violence
faite aux femmes. Les délégué-e-s syndicaux et les dirigeant-e-s
doivent connaître les façons les plus efficaces et les plus
appropriées de soutenir et d'aider les femmes qui sont victimes de
violence, de harcèlement, de discrimination, de racisme, de sexisme
et d’homophobie.
Communauté
D.12 L'Alliance doit collaborer avec des groupes
communautaires tels les organismes gouvernementaux, les conseils du
travail et les coalitions sociales, pour sensibiliser davantage le
public à ces questions. La violence faite aux femmes doit faire
l'objet d'une campagne globale. L'établissement de liens entre
l'Alliance et les abris locaux devrait être encouragé. Les sections
locales et les comités régionaux des femmes peuvent affecter les
fonds de Centraide au soutien des abris et participer à des
activités communautaires telles que « Reprenons la nuit », qui
visent à sensibiliser et à intéresser le public.
E. FORMER LES FEMMES POUR QU'ELLES MILITENT AU
SYNDICAT ET DANS LA COLLECTIVITÉ: Plan d'action
Lieu de travail
E.1 L'Alliance devrait faire du congé d'études
syndicales payé une priorité contractuelle pour tous les membres.
Syndicat
E.2 Une façon de rendre la formation syndicale
plus accessible, c'est de s'efforcer d'utiliser davantage les
compétences des membres qui ont suivi le Programme de formation des
formatrices et formateurs et qui sont en mesure de donner des cours au
niveau des sections locales et dans le milieu de travail. Il faut
recruter les femmes et les membres de groupes désignés dans ce
programme et les encourager à créer des comités de membres
formateurs dans leur région. En particulier, le recrutement dans le
cours de base, « Bâtir la solidarité syndicale », devrait être
concentré sur ces groupes. Une autre façon de rendre la formation
plus accessible est de dispenser plus fréquemment les Programmes de
formation des formatrices et formateurs. Des délais devraient être
fixés pour l'instauration de cette politique, et les progrès
devraient être surveillés de près.
E.3 Les bureaux régionaux doivent s'efforcer de
rendre les locaux utilisés pour la formation accessibles aux membres
ayant un handicap, de cerner les besoins spéciaux et d'y répondre.
La documentation sur le recrutement au cours doit indiquer clairement
aux membres ayant un handicap que le bureau régional s'efforcera de
fournir des locaux accessibles, ainsi que le matériel adapté et
adéquat.
E.4 Les bureaux régionaux devraient communiquer
avec les groupes désignés organisés dans leur secteur et les
consulter sur les façons d'utiliser les liens que ces groupes ont
établis dans le cadre des efforts de recrutement pour l'éducation.
E.5 La formation de base à tous les niveaux doit
mettre l'accent sur les compétences en matière d'organisation et la
sensibilisation aux questions d'équité, tout en enseignant la
structure et les procédures syndicales. Les questions d'équité
devront être incorporées aux exercices et aux exemples utilisés
pour illustrer le contenu du cours.
E.6 Les cours devront mettre davantage l'accent sur
l'aspect sérieux de toutes les formes de harcèlement et de
discrimination. Les cours qui traitent des procédures de règlement
des griefs devront comprendre des modules qui mettent en relief
l'aspect sérieux du harcèlement et de la discrimination, et
souligner que les plaintes relatives au harcèlement sont sérieuses
et fournir des renseignements sur les façons les plus appropriées de
résoudre ces problèmes particuliers.
E.7 Les cours qui portent spécifiquement sur les
problèmes de discrimination et de harcèlement et sur les
difficultés rencontrées par les membres des groupes désignés
devront être analysés à nouveau et élaborés en consultation avec
les membres des groupes spéciaux de l'AFPC - droits de la personne.
E.8 Tous les cours du programme d'éducation de
l'Alliance devraient concentrer sur l'objectif en matière d'équité
et la façon dont il peut être atteint au syndicat. En particulier,
la formation en matière de leadership doit être axée sur les
questions des droits de la personne, l'obtention d'un consensus et les
processus de prise de décision non exclusifs. Les dossiers d'équité
devraient être intégrés aux exercices et aux exemples servant à
illustrer le contenu du cours.
E.9 Les séances d'information et de formation
destinées aux membres des équipes de négociation collective doivent
mettre l'accent sur les questions d'équité. Il faut mettre les
équipes au courant de l'engagement de l'Alliance à l'égard de
l'équité et exiger qu'elles incorporent ces questions aux
revendications formulées dans le cadre de la négociation collective
et à leur accorder la priorité à la table de négociations.
E.10 A) Nous devons appuyer les besoins des groupes
désignés en faisant régulièrement de la place à leurs questions
dans nos publications.
B) Chaque comité régional des femmes devrait
avoir le droit d'être représenté par une déléguée au sein du
comité d'action politique.
Communautés
E.11 Nous devons continuer à oeuvrer à
l'établissement de coalitions progressistes axées sur la collectivité.
Le syndicat doit établir des liens avec des groupes tels le Comité
canadien d'action, le Réseau d'action des femmes handicapées au
Canada, la Fédération des femmes du Québec, la Native Women's
Association of Canada, l'Association des lesbiennes, des gais et des
personnes bisexuelles, l'Organisation nationale des femmes immigrantes
et des femmes appartenant à une minorité visible du Canada, tout autre
organisme travaillant à atteindre l'équité dans notre collectivité,
ainsi qu'avec nos consoeurs des autres syndicats.
E.12 Nous devons poursuivre nos efforts pour former
des coalitions avec des organismes politiques progressistes. Un secteur
public vigoureux est essentiel dans une société équitable, et il est
nécessaire pour atteindre l'objectif de renouveau économique. Les
membres de l'Alliance doivent transmettre le message à leur
collectivité et appuyer tous les efforts visant à contrecarrer le
programme de tout parti politique qui n'est pas dans nos meilleurs
intérêts.
E.13 Nous devons également reconnaître nos
responsabilités à l'égard des femmes non syndiquées, à la fois au
pays et à l'étranger. Pour que l'Alliance puisse continuer à exister,
il est vital qu'elle s'efforce davantage de syndiquer ces travailleuses
dans les organismes et les sociétés d'État qui ne jouissent pas
encore de la représentation syndicale. Nous devons consacrer des
ressources pour aider d'autres militantes syndicales qui s'efforcent de
syndiquer les femmes au Canada et ailleurs.
F. RENOUVELER NOTRE SOLIDARITÉ ENTRE FEMMES
F.1 En demandant à notre syndicat de mettre en
place des structures de pouvoir plus représentatives et plus
démocratiques, nous devons reconnaître les sens de ce défi pour
nous comme femmes. En nous efforçant de changer les rapports de
pouvoir, nous devons veiller à exiger des comptes de la part de ceux
et celles que nous élisons pour nous représenter tout en collaborant
avec ces personnes, mais nous devons par ailleurs être disposées à
montrer notre appui et notre encouragement.
F.2 Les femmes doivent également reconnaître
davantage la diversité. Les besoins et les intérêts diffèrent
entre les régions et les cultures. Nous devons être sensibles aux
attitudes et aux points de vue différents des Québécoises, des
femmes francophones, des femmes rurales et des immigrantes, ainsi
qu'aux besoins différents des femmes dans les groupes désignés.
F.3 Nous avons à instaurer une solidarité
davantage non exclusive et plus représentative. Celles d'entre nous
qui jouissent de privilèges - que ce soit en raison de la couleur de
la peau, de l'ethnicité, de l'âge, de l'éducation, de la situation
socio-économique, de l'absence de handicap, de l'orientation sexuelle,
de la langue, de la région de résidence, du pays natal, de la
situation familiale ou de l'état civil - doivent reconnaître que ce
sont là des privilèges et qu'elles doivent en assumer la
responsabilité. Nous devons toujours collaborer avec ceux et celles
qui sont touchés par ces préjugés afin d'éliminer la
discrimination et réaliser l'égalité pour tous et pour toutes.
F.4 Pour continuer à assumer son rôle de chef de
file, l'Alliance doit devenir davantage non exclusive, mais elle doit
aussi trouver les moyens et les ressources financières et humaines
pour poursuivre son travail. Ceci ne peut se faire qu'avec la
participation de tous les niveaux du syndicat (le Centre de l'Alliance,
les Éléments et les sections locales). Rendre notre syndicat non
exclusif, c'est s'ouvrir à la solidarité. S'ouvrir à la solidarité,
c'est accepter une juste répartition des coûts, lorsque c'est
possible, de chaque événement à tous les niveaux du syndicat.
F.5 Les femmes membres de l'Alliance doivent
consolider le militantisme qui a amorcé le mouvement féministe au
sein de l'AFPC. Nous devons renouveler notre engagement, participer,
pousser notre syndicat à reconnaître que les questions qui nous
intéressent doivent être des dossiers prioritaires. Nous devons plus
que jamais poursuivre notre lutte en faveur de l'égalité au sein du
syndicat et dans le lieu de travail. Les femmes, particulièrement les
femmes membres de groupes d’équité, doivent assumer un rôle
essentiel dans tous les secteurs de l'AFPC. Nous sommes là lorsqu'il
le faut. Nous sommes là, et nous devons toujours être là -- au
centre -- dans la lumière.
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