Le programme des femmes
Saviez-vous que le mois d'octobre est le Mois de l'histoire des femmes au Canada?
Le Mois de l'histoire des femmes vise à souligner la contribution des femmes et à reconnaître que les réalisations de diverses femmes font partie intégrante de l’histoire de notre pays. Ce mois se veut aussi l'occasion de prendre conscience de l'héritage que nous ont transmis nos aïeules qui ont fait avancer la cause de l'égalité et pour renforcer notre sentiment de fierté à l'égard de nos réalisations collectives.
Cette année, le thème est « les Femmes autochtones ». Nous afficherons une série de fiches informatives pour nous sensibiliser aux contributions des femmes autochtones au Canada, à leurs collectivités et à leurs familles et des défis uniques auxquels elles sont confrontées.
Les fiches porteront sur les questions suivantes :
La réalité des femmes autochtones en bref
PARTIE 2
Que disent les chiffres?
Il importe avant tout de reconnaître que les droits des personnes autochtones ont été violés de manière soutenue depuis la colonisation. Les statistiques ci-dessus sont les résultats de ce processus qui se poursuit encore aujourd'hui.
Ce sont les femmes et les enfants autochtones qui ont le plus souffert de la violation de leurs droits. Les femmes autochtones ont été chassées de leur territoire traditionnel, privées de leurs responsabilités et de leurs rôles traditionnels et de leur droit de participer aux décisions politiques et sociales dans leur collectivité et dépossédées de leur identité, de leur famille, de leur culture et de traditions.
On ne peut surestimer l'incidence de la violence dans les collectivités autochtones et contre les femmes autochtones. Les statistiques sur la violence contre ces femmes sont stupéfiantes. Les cas de violence signalés sont constamment plus nombreux chez femmes autochtones du Canada que chez les autres femmes en générale. (Pour plus de renseignements et une analyse, voir la fiche d'information de l'AFPC intitulée La violence faite aux femmes autochtones et l'information sur la campagne « Sœurs d’esprit » à l'adresse www.nwac-hq.org.)
Le système de justice pénale a laissé tomber les peuples autochtones. La Commission royale sur les peuples autochtones et beaucoup de rapports du fédéral et d'enquêtes provinciales et territoriales l'ont confirmé à maintes reprises. Selon l'AFAC, il en est ainsi parce qu'il s'agit d'un système qui repose sur des valeurs culturelles européennes de base très différentes des valeurs culturelles des peuples autochtones. Il s'agit d'un système accusatoire plein de concepts compliqués et inconnu de la plupart des personnes autochtones qui a notamment eu une incidence sur les femmes autochtones.
L'AFAC maintient également qu'il y a une corrélation entre le colonialisme et le fait que les femmes autochtones sont surreprésentées dans le système judiciaire et les prisons. Beaucoup commettent des crimes reliés à la pauvreté. D'autres commettent des crimes plus graves sont souvent reliés à l'alcool ou en réaction à de mauvais traitements physiques. Il y a aussi un haut taux de suicide chez les femmes autochtones emprisonnées et séparées de leurs enfants, de leur famille et de leur communauté.
En 1876, le gouvernement fédéral a adopté la Loi sur les Indiens, une loi que beaucoup d'organisations autochtones et d'experts des droits des peuples autochtones considèrent comme l'une des lois les plus racistes encore en vigueur. La Loi sur les Indiens de 1876 visait à civiliser, à christianiser et à assimiler les peuples autochtones. Elle donne une idée des notions patriarcales communes à l'époque et qui existent encore aujourd'hui. Cette loi discriminatoire a eu et continue d'avoir des effets très néfastes sur les femmes autochtones et leur famille.
Dans les années 1970 et 1980, des milliers de femmes et de filles autochtones ont perdu leur statut d'Indienne en vertu de la Loi sur les Indiens. Elles ont été chassées de leur collectivité et ont perdu leur soutien familial et leur moyen de subsistance traditionnel. Aujourd'hui, bon nombre de ces personnes vivent dans des conditions très difficiles dans les centres urbains du Canada et doivent faire face à des préjugés sexistes et à des attitudes racistes. Pour ces raisons, beaucoup de femmes autochtones sont très pauvres et sans abri et travaillent dans l'industrie du sexe.
Le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, l'Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) et l'Assemblée des Premières Nations (APN) ont décidé d'étudier la question de la division des biens matrimoniaux dans les réserves. Des consultations et des séances de discussion auront lieu dans l'ensemble du pays jusqu'en janvier 2007. Par la suite, on présentera au ministre un rapport avec des recommandations. (Pour une analyse plus détaillée de l'incidence de la Loi sur les Indiens sur les femmes autochtones et des renseignements sur les consultations, visitez le site Web www.nwaq-hq.ca.)
Tout ce qui précède met en lumière le lien entre l'incidence de la colonisation et la situation socio-économique des femmes autochtones et de leur famille.
Les statistiques montrent aussi que les femmes autochtones ont un taux de chômage grandement supérieur à celui de la population canadienne en général. En outre, les travailleurs et travailleuses autochtones dans leur ensemble gagnent seulement les deux tiers du salaire du travailleur moyen. Le revenu annuel moyen des femmes autochtones vivant hors des réserves est de 13 300 $, tandis que celui des hommes autochtones est de 18 200 $ et celui des autres Canadiennes est de 19 950 $. (La dernière fiche d'information de la série de l'AFPC examinera la situation des femmes autochtones au travail.)
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